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Bulletin Quotidien Europe N° 8490
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/immigration

L'immigration comme solution aux difficultés démographiques de l'Union

Bruxelles, 24/06/2003 (Agence Europe) - La Commissaire européenne aux affaires sociales et à l'emploi, Anna Diamantopoulou, a affirmé, le 17 juin, lors d'un débat sur « les conséquences économiques et sociales de l'immigration », organisé par The European Policy Center et la Fondation Roi Baudouin, que « l'immigration est une réalité dans tous les Etats membres, et nous avons besoin d'une approche européenne » (voir EUROPE du 21 juin, p. 16, au sujet de la campagne européenne contre la discrimination qu'elle vient de lancer). Mme Diamantopoulou s'est prononcée pour une politique de l'Union reflétant le multiculturalisme de la société. « Nous ne sommes pas que des pays de contrôle et de politique des retours », a-t-elle insisté. Elle a rappelé ainsi que l'UE « va se retrouver face à un défi en termes de démographie et d'emploi, et l'immigration peut jouer un rôle central dans la solution de nos problèmes ».

Selon la communication de la Commission du 3 juin dernier sur l'immigration, l'intégration et l'emploi, en supposant que l'objectif de Lisbonne d'un taux d'emploi de 70% soit atteint en 2010, « on pourrait attendre un déclin général de l'emploi après 2010, et la diminution du nombre d'actifs entre 2010 et 2030 serait de l'ordre de 20 millions de travailleurs pour l'UE-25 ». Ce recul de l'emploi « ne peut pas être inversé par une progression (inattendue) du taux de fécondité, car il faudrait plus de deux décennies aux enfants issus du nouveau baby-boom pour être en âge de travailler et contribuer à la croissance de la population active totale ». Par ailleurs, l'Union se retrouve dans une situation où des pays à fort taux de chômage manquent dans le même temps de candidats à l'emploi dans certains secteurs. Une partie importante des travailleurs arrête prématurément de travailler et « vit de pensions d'invalidité ou d'autres systèmes qui les dispensent de travail », précise un rapport des professeurs Nigel Harris et Demetrios Papademetriou évoqués lors du débat. 18 à 22 % des travailleurs seraient dans cette situation en Suède, et 40% en Italie. « Nous avons un besoin urgent de docteurs et d'infirmières », fait remarquer le professeur Nigel Harris, de l'Université de Londres, qui réclame un vrai débat de société au Royaume-Uni. Chaque pays « choisit quels types de personnes il faut ajouter à sa force de travail, puis développer une stratégie pour les attirer », affirme Demetrios Papademetriou, co-directeur du Migration Policy Institute, qui cite par ailleurs l'exemple de la France, qui autoriserait les employeurs à embaucher trois ou quatre travailleurs immigrants à condition qu'ils embauchent dix travailleurs nationaux. Quant à Jean-Louis De Brouwer, de la DG justice et affaires intérieures à la Commission européenne, il constate: « Lorsqu'on évoque l'immigration, on doit définir ses relations avec les autres pays, c'est-à-dire aborder les questions de souveraineté et d'identité nationale ». « Nous avons besoin de l'immigration pas seulement pour des raisons démographiques, mais aussi pour l'innovation », ajoute Rita Süssmuth de la Commission allemande sur l'immigration. « Mais il faut savoir que si on fait venir des travailleurs étrangers, il faudra investir pour eux, afin qu'ils acquièrent des connaissances et qu'ils puissent s'intégrer », souligne l'ancienne présidente du Bundestag. « Aucun pays ne mène une bonne politique d'intégration. Le mot d'ordre devrait être l'adaptation avec un grand A » et ça ne doit pas être qu'aux immigrés de s'adapter, conclut Demetrios Papademetriou.

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