Bruxelles, 01/04/2003 (Agence Europe) - "C'est une bonne journée pour nous tous: pour l'UE, pour l'OTAN et, ce qui est plus important, pour les gens de votre pays", a dit Javier Solana lors de la cérémonie marquant, le 31 mars à Skopje, le transfert d'autorité entre l'opération Allied Harmony de l'OTAN et celle de l'UE Concordia. L'Alliance doit être fière de ce qu'elle a réussi ici, a-t-il affirmé, en ajoutant: c'est une bonne journée pour l'UE parce que le Président Trajkovski et le gouvernement ont montré leur confiance dans l'engagement de l'Union européenne à aider leur pays à parvenir à une paix et à une stabilité réelles et durables. C'est une bonne journée aussi "pour l'UE et l'OTAN ensemble", et pour Lord Robertson et moi-même, a noté le Haut Représentant pour la PESC, en soulignant: pour nos deux organisations, "le message clé, aujourd'hui, n'est pas "UE dedans, OTAN dehors", mais le fait qu'en travaillant ensemble, nous sommes plus fortes toutes les deux". "C'est une bonne journée pour votre pays", a conclu M. Solana, parce qu'elle marque "une nouvelle phase dans nos relations, dans laquelle la coopération avec l'UE s'élargit à tous les domaines: politique, économique et en matière de sécurité".
Rappelons que le commandant en chef de l'opération est l'amiral allemand Rainer Feist (l'adjoint du SACEUR), le commandant des opérations sur le terrain le général français Pierre Maral, le Représentant spécial de l'UE Alexis Brouhns. La force sera composée de 27 pays, avec environ 350 soldats stationnés sur place et opérant dans des équipes mobiles. Le noyau de la force européenne sera constitué par des équipes de liaison légères, avec le soutien d'équipes lourdes, qui utiliseront des chars ou des hélicoptères en fonction des nécessités. L'UE, qui aura accès à certains moyens de l'OTAN, continuera à coopérer étroitement avec l'Alliance atlantique, qui gardera un rôle dans le pays. La présence militaire de l'UE permettra de renforcer le dialogue avec Skopje sur les problèmes de sécurité, et aidera le pays à développer ses propres normes, conformément aux pratiques européennes. (Au sujet de Concordia, voir aussi EUROPE du 29 mars, p. 6).
Romano Prodi souligne l'importance, dans la crise actuelle, de ce pas en avant de l'intégration européenne
Avec cette mission, constate pour sa part le Président de la Commission européenne Romano Prodi dans une déclaration, "le long processus de l'intégration européenne a fait un nouveau pas en avant". M. Prodi regrette que ce pas important soit "relégué au second plan par la crise la plus grave qu'ont connue dans l'après-guerre les relations intra-européennes, les relations transatlantiques et l'architecture des Nations unies", mais il souligne en même temps qu'il ne faut pas sous-estimer l'importance de cette première mission militaire entièrement "sous la responsabilité du pilier européen de sécurité". "C'est le signe d'une Europe qui continue à croître malgré tout, de cette Europe que les citoyens à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union veulent mais n'ont pas encore", estime M. Prodi. Et, s'adressant au personnel de Concordia, il souligne que leur mission est de "restaurer dans la région des Balkans la sérénité et la confiance dans l'avenir, en contribuant au processus d'intégration européenne". Pour conclure: "Je ne vois pas de meilleure façon d'utiliser notre force militaire".