Bruxelles, 01/04/2003 (Agence Europe) - L'accord de Cotonou, liant pour vingt ans 77 pays du groupe ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique) et l'Union européenne, est entré pleinement en vigueur le 1er avril (voir aussi pages 12 et 13). Signé il y a trois ans, cet accord de partenariat pour le développement était, depuis août 2000, partiellement applicable en vertu de dispositions transitoires d'anticipation. L'entrée en vigueur pleine et entière, rendue possible par l'achèvement des procédures de ratification, donne le feu vert à la mise en oeuvre des dispositions financières de l'accord. Ceci signifie que les 13,5 milliards d'euros du 9ème Fed (Fonds européen de développement) et la facilité d'investissement de 2,2 milliards d'euros de la BEI (Banque européenne d'investissement) pourront être mobilisés pour les cinq prochaines années. Jusqu'à présent, les reliquats des Fed précédents avaient assuré la continuité des financements. 2,5 milliards d'euros, non encore engagés s'ajoutent à l'enveloppe financière disponible.
Le Commissaire Poul Nielson déclare dans un communiqué: “ le retard survenu dans la ratification de l'accord ne doit pas nous faire oublier les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés. En ces temps de conflit et de division dans le monde, nous saluons les buts que nous partageons dans le cadre de l'accord de Cotonou et l'engagement pris par plus de 90 pays, soit la moitié de la planète, de travailler ensemble pour les atteindre. Du point de vue de la solidarité Nord-Sud, c'est un événement exemplaire”.
Devant la presse à Bruxelles, Joos Richelle, directeur général de la DG Développement à la Commission, a souligné la modernité et le caractère unique de l'Accord de Cotonou, qui fait de l'éradication de la pauvreté son objectif principal, renforce la dimension politique du partenariat ACP/UE par un dialogue permanent en vue de contribuer au respect des valeurs démocratiques, à la paix et la stabilité politique, associe la société civile aux projets de développement et permet une souplesse accrue dans l'allocation des ressources financières en fonction de critères d'efficacité . “Près de 90% des ressources du Fed seront alloués à des pays à faibles revenus. Nous allons veiller à la qualité dans l'utilisation des fonds et à la capacité d'absorption de l'aide par les pays. Les documents de stratégie par pays ont été approuvés pour 68 pays sur 77”, a-t-il déclaré.
Les travaux de programmation sont inachevés pour le Kenya, le Burundi et la République démocratique du Congo et pour les pays soumis à sanction au titre de l'article 96 de l'accord (Togo, Zimbabwe, Haïti et Liberia).
Evoquant la coopération économique et commerciale, Joos Richelle a souligné que les accords de partenariat économique en cours de négociation “sont nécessaires pour être crédibles vis-à-vis de l'OMC et pour inspirer confiance au secteur privé”. Selon lui, “ils doivent être conçus comme des instruments de développement et présenter un intérêt en termes d'accès au marché. Il faut que l'UE fasse une offre intéressante pour améliorer l'accès au marché des produits agricoles ACP”.