Bruxelles, 18/03/2003 (Agence Europe) - La commission des Affaires étrangères du PE approuvera ce mercredi les rapports individuels finals sur les dix pays adhérents ainsi qu'un rapport général sur l'élargissement préparé par son président Elmar Brok (CDU), indépendamment de la divergence budgétaire (qui subsiste toujours) entre le PE et le Conseil sur l'inclusion des décisions financières de Copenhague dans le Traité d'adhésion (voir EUROPE du 13 mars, p.7 et du 14 mars, p.7). Il n'en demeure pas moins, et M. Brok l'a répété lundi après-midi lors du débat en commission, que le PE maintient sa mise garde de la semaine dernière: si aucune solution satisfaisante au problème budgétaire ne devait être trouvée d'ici la fin du mois, le Parlement européen pourrait, lors du vote prévu le 9 avril en séance plénière, refuser de rendre son avis conforme sur le Traité d'adhésion, ce qui reviendrait à reporter la cérémonie de signature du Traité d'adhésion prévue le 16 avril à Athènes. La commission des Affaires étrangères (qui semble majoritairement favorable à une approche plutôt conciliante, soulignant que tout retard dans la finalisation de l'élargissement aurait des conséquences politiques énormes) et la commission budgétaire (plus dure, semble-t-il, dans son insistance sur le strict respect des règles budgétaires) ont l'intention de proposer lors de la "mini-session" plénière des 26 et 27 mars, à Bruxelles, l'adoption d'une déclaration ou d'une résolution qui soulignera clairement que la balle est dans le camp du Conseil et que les Etats membres devront "bouger" pour honorer l'accord interinstitutionnel et respecter le calendrier de l'élargissement. Le PE a d'ailleurs reçu lundi l'appui implicite de la Commission européenne qui, par la bouche du Commissaire Günter Verheugen (élargissement) a reconnu devant la commission des Affaires étrangères que "la Commission a défendu au Sommet de Copenhague la même position que le Parlement", à savoir que les décisions financières négociées avec les pays candidats ne devraient pas être incluses dans le Traité. Entre-temps, les consultations se poursuivent entre la Présidence grecque et le PE, et des réunion de "trilogue" (PE/Conseil/Commission) devraient avoir ce mercredi.
Lors de son intervention devant la commission des Affaires étrangères, lundi après-midi, le Commissaire Verheugen a aussi défendu les pays adhérents contre ceux qui, ces dernières semaines, les ont critiqués en raison de leur alignement sur la position américaine sur la crise irakienne. "Nous ne pouvons pas attendre des pays candidats qu'ils suivent une ligne européenne qui n'existe pas", a dit M. Verheugen faisant allusion aux divergences de vues au sein même des Quinze. "J'ai des difficultés à voir qu'elle est la position européenne", a-t-il admis, en notant qu'il s'agit, en fin de compte, d'une question "d'évaluation et d'interprétation politique". Il n'est donc pas juste de critiquer les pays candidats mais pas les pays membres actuels qui ont suivi la même ligne, a-t-il estimé. Toute cette affaire a démontré la faiblesse de l'UE en matière de politique étrangère, mais M. Verheugen s'est dit confiant que l'entrée des nouveaux pays membres donnera aux relations transatlantiques un "nouvel accent", en raison des relations étroites de ces pays avec les Etats-Unis.
Sur Chypre et la Turquie, M. Verheugen a réitéré ce que son porte-parole avait déjà indiqué la semaine dernière (voir EUROPE du 12 mars, p.4) ; la Commission voit difficilement comment elle pourrait recommander l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie si, d'ici la fin 2004 (lorsque la Commission devra présenter son rapport) le problème de la division de Chypre n'est pas encore résolu. La nouvelle version du Partenariat pour l'adhésion, que la Commission présentera la semaine prochaine pour la Turquie, mentionnera clairement ce lien, a-t-il souligné.