Bruxelles, 18/03/2003 (Agence Europe) - En marge du Conseil Relations extérieures de mardi, et lors de la conférence de presse clôturant le sixième Conseil de coopération entre l'UE et l'Ukraine, le Président du Conseil Georges Papandreou a commenté les derniers développements de la crise irakienne. "Nous regrettons les divisions au sein des Nations unies et les divergences parmi les Etats membres", a-t-il déclaré, en assurant "jusqu'à la dernière minute, nous essaierons de trouver une solution pacifique". Evoquant déjà l'après-guerre, M. Papandreou estime que "après cette crise, l'UE devra relever un grand défi: se doter d'une politique extérieure et de sécurité commune". Chris Patten souligne un autre défi: "minimiser l'impact négatif de la crise sur nos relations avec les Etats-Unis et le monde islamique". Le Commissaire aux relations extérieures a ajouté qu'on allait y travailler dans les prochaines semaines, notamment lors du Sommet UE/Etats-Unis au mois de juin. M. Papandreou a réaffirmé que cette crise ne doit pas entraîner « un choc des civilisations, mais doit inciter à travailler à la paix et la stabilité dans le monde », et a annoncé son intention de poursuivre le dialogue avec les pays arabes. Jack Straw, Dominique de Villepin, Ana de Palacio et Joschka Fischer n'étaient pas présents à la discussion de cet après-midi. Les trois derniers étaient attendus pour le dîner, consacré à l'Irak et au Proche-Orient.
A son arrivée au Conseil, mardi, Javier Solana, Haut Représentant de l'UE pour la PESC, a regretté l'échec des moyens diplomatiques dans la crise irakienne. "On n'a pas réussi à faire les derniers pas pour trouver une solution politique et ça me laisse un sentiment de frustration", a-t-il déclaré en espérant que "quels que soient les développements, les Nations unies seront informées".
Quant au porte-parole de la Commission européenne Reijo Kemppinen, il a regretté mardi devant la presse que "certains pays semblent s'apprêter à entreprendre une action militaire", en ajoutant: "nous continuons à soutenir que l'approbation de l'ONU était importante, et qu'elle le reste. Nous devons essayer de remettre le processus sur les rails des Nations unies". En répondant à des questions, M.Kemppinen a admis qu'il est temps que l'Europe "tire les leçons de cette crise et essaye de rebâtir l'unité européenne dans cette affaire".
A Athènes, le Premier ministre Costas Simitis, Président du Conseil européen, a déploré lui aussi que "malgré des efforts continus (...), l'espoir d'éviter une guerre soit minime". Dans un discours diffusé à la télévision, M.Simitis a indiqué que la crise sera évoquée par le Conseil européen de printemps, cette semaine à Bruxelles, mais que "nous discuterons aussi tous les autres thèmes à l'ordre du jour". Les pays de l'Union européenne, a-t-il averti, doivent enfin se décider à "adopter une politique étrangère et de défense commune, pour être efficaces" sur le plan international. M. Simitis a aussi confirmé que la rencontre prévue jeudi soir avec Valéry Giscard d'Estaing lors du Sommet sera remplacée par un débat des Quinze sur l'Irak.
Quant au porte-parole du gouvernement grec, Christos Protopapas, il a répété que la Grèce " ne sera pas impliquée dans la guerre", car sa position est que "la violence est le dernier recours, et que ce dernier recours doit être clairement légitimé par l'ONU".