login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8391
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pe/irak

La déclaration de huit responsables européens ne contribue guère à une position commune de l'UE, déplore Costas Simitis - possible sommet spécial des Quinze - Délégation ad hoc du PE à New York

Bruxelles, 31/01/2003 (Agence Europe) - "La manière de laquelle a été prise l'initiative de cinq Etats membres de l'UE et trois pays candidats au sujet de l'Irak ne contribue pas à une gestion commune de cette question", déplore le Président du Conseil européen Costas Simitis dans une déclaration écrite commentant la déclaration commune de solidarité avec les Etats-Unis dans ce conflit publiée jeudi dans plusieurs journaux européens et signées par cinq chefs de gouvernement de l'UE - espagnol, britannique, italien, portugais et danois - ainsi que par les leaders tchèque, polonais et hongrois (voir EUROPE d'hier, p.6). "L'objectif de l'Union européenne est d'avoir une politique étrangère commune, et une entente est donc nécessaire aussi sur la question de l'Irak, comme cela a été le cas" lors du Conseil du 27 janvier dernier, a rappelé le Premier ministre grec (voir EUROPE du 28 janvier, p. 5). La Présidence grecque continuera d'œuvrer en faveur d'une position commune, assure M. Simitis. Ces pays ont agi "en dehors du processus de l'UE, ce qui crée la possibilité de malentendus", a regretté de son côté le Président du Conseil, Georges Papandreou. Selon le ministre grec des Affaires étrangères, il est de toute façon clair que, par la position commune adoptée lundi dernier, les Quinze exigent le désarmement de l'Irak et appuient les efforts des inspecteurs.

A Bruxelles, le porte-parole de la Présidence grecque a confirmé que la présidence envisageait la possibilité de convoquer une réunion spéciale des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE sur l'Irak. La rencontre pourrait avoir lieu entre le 5 et le 14 février. En Grèce, Georges Papandreou a indiqué pour sa part qu'il pourrait réunir les ministres des 28 Etats membres actuels et candidats pour discuter de la crise irakienne.

"La course des vassaux a commencé", a commenté quant à lui le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen Elmar Brok, pour qui le résultat de la déclaration commune des huit responsables est que "nous avons raté la chance de faire entendre la voix de l'Europe". L'élu de la CDU dirige une délégation ad hoc du Parlement européen qui aura des entretiens au Conseil de sécurité, les 2 et 3 février à NewYork. Les députés - outre Elmar Brok, Emma Nicholson, Philippe Morillon, Jannis Sakellariou, Emilio Menendez del Valle, Joost Lagendijk, André Brie, Jean-Charles Marchiani et Florence Kuntz - rencontreront en particulier le Secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, les représentants de l'Union européenne, des Etats-Unis et de l'Irak John Richardson, John Negroponte et Mohammed Aldouri et le chef des inspecteurs de l'ONU Hans Blix (voir EUROPE du 30 janvier, p.5, au sujet de la vidéoconférence entre M.Blix et la Conférence des présidents du PE). En outre, sont prévues des sessions avec Louisa Frechette, Secrétaire générale adjointe de l'ONU qui préside le Steering Committee on Irak, le Sous-Secrétaire chargé de la coordination aux affaires humanitaires Kenzo Oshima, l'ambassadeur Günter Pleuger, Président du Conseil de sécurité, et les représentants des autres Etats de l'UE actuellement membres du Conseil de sécurité - France, Royaume-Uni, Allemagne et Espagne. (Voir EUROPE d'hier, p.4, au sujet de la résolution adoptée par la plénière de Bruxelles sur l'Irak, et du 30 janvier, p.4, pour le débat).

Par ailleurs, le président du groupe PPE-DE au Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a rappelé que son groupe était contre l'envoi d'une délégation à Bagdad de députés européens qui, craint-il, risqueraient de se "faire instrumentaliser par Saddam Hussein" (au sujet de la visite à Bagdad, de 33 députés européens des groupes GUE/NGL, Verts/ALE, PSE et EDD, voir EUROPE d'hier, p.5). L'élu de la CDU a mis aussi en garde contre toute exacerbation de la polémique avec les Etats-Unis, en estimant que des allusions aux "vassaux" des Américains ne sont guère constructives dans les circonstances actuelles (mais il est d'accord avec M. Brok pour critiquer l'attitude du gouvernement Schröder dans cette affaire).

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE