Bruxelles, 05/12/2002 (Agence Europe) - A la tête d'une délégation de l'UMP, Alain Juppé a rencontré, mercredi à Bruxelles, les députés européens de la majorité, le président du PPE, Wilfried Martens, le président du groupe PPE-DE, Hans-Gert Pöttering, le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, le président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, et les Commissaires Fischler, Patten, Solbes, Vitorino et Barnier.
Devant la presse, M. Juppé a évoqué l'organisation d'une campagne de sensibilisation de l'opinion publique française aux enjeux de l'élargissement et du futur traité constitutionnel dans la perspective d'un possible référendum. Interrogé sur la fixation d'une date à Copenhague pour l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, il a répliqué que "la Turquie ne remplit pas les conditions" et il a cité les critères économiques, le respect de la Charte des droits fondamentaux et la laïcité. Et d'ajouter: "Je pense que nous ne sommes pas du tout en situation à Copenhague de fixer une date".
Tout en notant que "la Convention a plusieurs mois de travail devant elle" et qu'il "ne faut pas figer les choses", M. Juppé a estimé que la "semestrialité" de la présidence du Conseil européen n'est plus acceptable mais qu'il pourrait s'agir d'une durée de 5 ans ou de 2 ans et demi renouvelable, et que le président pourrait être élu par le Conseil européen ou par un congrès. Après avoir rappelé que la décision appartient au chef de l'Etat, il a dit, à titre personnel, qu'il n'imagine pas qu'un traité aussi fondamental puisse être soustrait à l'approbation populaire.
M. Juppé a aussi indiqué que la réforme du mode de scrutin (proportionnel sur la base de listes régionales au lieu d'une circonscription nationale unique) pour les élections européennes sera prête pour 2004. Le projet de loi devrait être déposé au début de l'année prochaine, a-t-il dit, en estimant que la Convention européenne pourrait se prononcer pour l'application généralisée d'un système de circonscriptions régionales.