Bruxelles, 05/12/2002 (Agence Europe) - La France et l'Allemagne devraient proposer que l'UE repousse à 2004 toute décision sur le lancement des négociations d'adhésion avec la Turquie. Le chancelier Schröder et le président Chirac se sont mis d'accord mercredi soir au cours d'un dîner informel à Storkow (Allemagne). Officiellement, ils se sont contentés de dire qu'ils "présenteront une position commune" qui "débouchera à Copenhague sur un signal fort en direction de la Turquie". Officieusement, ils voudraient attendre un peu plus d'un an, pour mesurer la mise en œuvre des réformes en Turquie.
Le dirigeant du parti au pouvoir Recep Tayyip Erdogan a réitéré dans la presse turque que son pays "n'acceptera ni une date pour une date, ni une date conditionnelle". Le Premier ministre Abdullah Gül a souligné jeudi que "des formules intérimaires qui ne comprendraient pas une date définitive pour les négociations seraient loin de rencontrer les attentes de notre gouvernement et de notre peuple". Alors que les Etats-Unis font fortement pression pour une adhésion rapide de leur allié de l'OTAN, M. Erdogan se rendra le 10 décembre à Washington pour obtenir, deux jours avant Copenhague, encore davantage de soutien américain. La résolution de la partition de Chypre et les relations entre la Politique européenne de sécurité et de défense "font partie du même paquet" que la question du lancement des négociations, avait averti le leader turc lors de son passage à Bruxelles le 20 novembre (EUROPE du 21 novembre p.5).