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Bulletin Quotidien Europe N° 8316
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/libye

Débat sur les relations avec la Libye - Les opposants plaident pour la normalisation des relations avec Tripoli.

Bruxelles, 10/10/2002 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du PE a organisé le 8 octobre sa première audition consacrée à la situation en Libye - pays éligible à la coopération avec l'UE et qui devrait faire partie du processus de Barcelone « dès qu'il aura souscrit aux acquis », surtout politiques, du processus euroméditerranéen, rappelle-t-on de source communautaire. Cette audition fait suite à la mission parlementaire européenne qui s'est rendue en Libye, du 13 au 16 juin derniers. « Les bonnes dispositions des autorités libyennes à accueillir la visite, tant en ce qui concerne les aspects organisationnels que dans le domaine politique, constituent des indices qui semblent indiquer une ouverture progressive de ce pays à la communauté internationale en général et plus concrètement vers l'Union européenne, considérée comme étant beaucoup plus proche, plus au fait et plus sensible à la réalité de ce pays que de nombreux autres acteurs internationaux », affirme dans son rapport le président de la délégation parlementaire pour la coopération avec le Maghreb, Gerardo Galeote (Partido popular). Le rapporteur assure également que dans tous les contacts, les autorités libyennes « ont fait état, d'une manière plus ou moins explicite, de la condamnation du terrorisme international de la part de la Libye » et « pris leurs distances de façon plus ou moins catégorique par rapport aux attentats du 11 septembre et par rapport à ceux qui ont culminé dans les années 90 lorsque les avions de la PanAm (en 1988) et de l'UTA (1989) ont explosé ». La Libye a « fait savoir qu'elle acceptait le verdict de la justice écossaise dans l'affaire de Lockerbie » et qu'elle appuyerait la « convocation d'une conférence internationale » sur le terrorisme, alors qu'elle « rejetait que l'on assimile le terrorisme à un pays ou à une religion en particulier », en marquant la différence avec « les actes de résistance contre une occupation illégitime ». Le rapport affirme par ailleurs que Tripoli a « clairement exprimé le fait que la Libye ne s'est jamais opposée au processus de Barcelone » mais qu'elle a, plutôt, été « laissée en marge » par l'UE. Les Libyens « ne s'opposent dès lors pas au processus de Barcelone mais n'y participeront qu'en tant que membres de plein droit et non comme simples observateurs » et n'acceptent pas d'être jugés pour avoir demandé « l'exclusion de la Palestine et d'Israël de ce processus », qui sont en guerre. Enfin, le rapport indique que « le souhait de négocier cet accord a été formulé directement par le Premier ministre et par le ministre de l'Économie ».

Le représentant de la Commission officielle des droits de l'homme, Mohamed Aljady, est venu à Bruxelles plaider, lors de l'audition, le droit à la spécificité d'une Libye gouvernée par une « Grande Charte Verte des Droits de l'Homme » qui est « l'écho d'une action colossale » accomplie par le Colonel Khadafi. Il a été contredit par deux juristes libyens délégués par la FIDH, MM. Hadi Shalluf et Mansour Kikihia (à noter que ce dernier, universitaire aux Etats-Unis, est l'homonyme de l'ancien ministre des Affaires étrangères passé à l'opposition et mystérieusement disparu depuis plusieurs années). Ils ont mis en avant l'absence totale de structures étatiques normales dans un pays soumis au pouvoir de Comités populaires, sans aucune garantie pour les libertés. Leur conclusion est que « la question des droits de l'homme ne trouvera pas de solution dans la situation actuelle ». Ils n'en appellent pas moins l'UE à rompre l'isolement de la Libye, seule voie à leur avis pour contribuer à l'évolution politique du pays. « Il est souhaitable que l'Europe développe de bonnes relations avec la Libye, avec, pourquoi pas, une association comme celle déjà conclue avec les pays du Maghreb ou l'Egypte », affirme Hadi Shalluf.

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