Bruxelles, 10/10/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire Franz Fischler a rejeté en bloc, mercredi à Bruxelles, les nouvelles demandes de la Pologne sur le chapitre agricole dans le cadre des négociations d'adhésion. Comme elle a été contrainte de revoir à la baisse ses ambitions sur les aides directes, la Pologne a récemment proposé d'imposer ou de maintenir des droits de douane sur certains produits et de transférer des fonds prévus au titre des programmes de développement rural vers le premier pilier de la politique agricole commune (PAC) consacré aux dépenses de marché. « Si la mise en place de droits de douane devenait une condition (de l'adhésion), ceci pourrait miner l'ensemble du processus. La possibilité de maintenir un régime tarifaire est à 100% opposée à l'esprit d'un marché intérieur », a ainsi déclaré M. Fischler, qui a recommandé à ce pays de « construire son système de droits de douane selon le modèle de celui de l'UE ». Il a dit qu'il ne voyait pas comment cette nouvelle approche pourrait être soutenue par la Commission.
L'idée de la Pologne consistant à transférer des fonds du second au premier pilier de la politique agricole commune (PAC) constitue « l'antithèse de la stratégie défendue par nos services dans le cadre de la révision à mi-parcours de cette politique », a affirmé M. Fischler, en rappelant qu'il envisageait l'inverse pour réduire la pression qu'exercent les aides directes sur le budget communautaire. De plus, ce transfert de fonds «n'irait pas dans la bonne direction » puisque, selon le Commissaire, il bénéficierait aux grandes exploitations polonaises. Le fait de vouloir donner la priorité aux agriculteurs polonais les plus prospères plutôt qu'à ceux qui ont besoin d'un emploi « est assez douteux du point de vue social », a renchéri M. Fischler.