Bruxelles, 26/06/2002 (Agence Europe) - Le vice-Premier ministre turc, Mesut Yilmaz, a lancé mardi un appel à l'UE pour qu'elle approuve, lors du Conseil européen de Copenhague en décembre prochain, un calendrier en vue de l'ouverture -le plus rapidement possible- des négociations d'adhésion avec son pays. L'UE doit accélérer les processus d'adhésion de la Turquie, car même si le Conseil de Helsinki en décembre 1999 a officiellement accordé au pays le statut de pays candidats qui sera autorisé à ouvrir les négociations d'adhésion dès que les critères politiques seront remplis, "certains en Turquie ont des doutes et des suspicions à cet égard et estiment que, si la Turquie aura rempli ces critères politiques, l'Union pourrait créer de nouveaux problèmes" pour retarder ou empêcher le lancement des négociations, a averti M.Yilmaz lors d'un séminaire organisé mardi à Bruxelles par l'Union des chambres de commerce de Turquie. J'espère que ce genre de suspicions ne sont pas justifiées et que l'UE prendra, déjà lors du Conseil européen de Copenhague, les décisions nécessaires, pour accélérer et intensifier le processus, a-t-il dit.
Auparavant, en parlant à des journalistes, le vice-Premier Ministre turc avait expliqué que le gouvernement turc était actuellement en train de finaliser les travaux sur plusieurs textes juridiques importants (y compris sur l'abolition de la peine de mort et l'utilisation de la langue kurde) en vue de satisfaire aux critères politiques d'adhésion. L'objectif du gouvernement turc est de faire passer ces textes au Parlement avant septembre, pour en transmettre les résultats à la Commission européenne avant qu'elle ait conclu la rédaction de son prochain rapport régulier sur la Turquie dont la publication (avec ceux des autres pays candidats) est prévue pour mi-octobre. M.Yilmaz a aussi estimé que si les Quinze devaient effectivement approuver à Copenhague un calendrier sur l'ouverture des négociations, la Turquie pourrait devenir membre de l'UE en 2007 ou 2008, ensemble avec la Roumanie et la Bulgarie. Rappelons que les conclusions du Conseil européen de Séville affirment que "de nouvelles décisions pourront être prises à Copenhague quant à l'étape suivante de la candidature de la Turquie, compte tenu de l'évolution de la situation entre les Conseils européens de Séville et de Copenhague et sur la base du rapport régulier que la Commission présentera en octobre 2002".
Lors du même séminaire, la vice-Présidente de la Commission européenne Loyola de Palacio a réitéré la volonté de la Commission de soutenir au maximum les réformes politiques et économiques en Turquie, "comme elle l'a fait, et le fait toujours, pour les autres pays candidats". A l'heure actuelle, il est cependant encore prématuré de dire si, pour la Commission européenne, les réformes entreprises jusqu'ici sont satisfaisantes ou pas, et il faudra attendre le rapport régulier d'octobre. Mme de Palacio (responsable de la politique des transports et de l'énergie) a aussi accordé une importance particulière au rôle stratégique très important que la Turquie pourra jouer à l'avenir dans le domaine énergétique (notamment comme pays de transit du pétrole et du gaz naturel provenant de la Mer Caspienne vers les marchés européens). Quant aux transports, elle s'est dit "préoccupée" du faible niveau de sécurité maritime en Turquie, le détroit de Bosphore étant pourtant le détroit du monde le plus fréquenté par des pétroliers. "J'espère que la Turquie adoptera le plus rapidement possible les normes et règles de l'UE dans ce très important domaine", a-t-elle affirmé.