Strasbourg, 13/06/2002 (Agence Europe) - L'inquiétude quant au risque d'échec du Sommet de Johannesburg pointait dans le débat que le Parlement a tenu mardi sur les résultats de la réunion préparatoire de Bali. Le débat s'est ouvert sur les déclarations, au nom de la Présidence espagnole, de Ramon de Miguél, qui s'est voulu rassurant, en estimant qu'il y avait encore du temps jusqu'au Sommet, qui se tiendra du 26 août au 4 septembre. Du côté européen, le Conseil Affaires générales devra, lundi prochain, aborder notamment la question de la « cohérence des politiques communautaires, la suppression des subventions qui portent préjudice à l'environnement », a-t-il rappelé, en soulignant qu'il n'y avait pas encore de consensus sur le caractère obligatoire ou non de cette suppression. Ensuite, une position sera prise à Séville. Ramon de Miguél a également souligné le « manque de clarté, jusqu'à présent, des objectifs de la communauté internationale », et le fait que les Etats-Unis souhaitent « minimiser les aspects politiques » du Sommet de Johannesburg. La présidence espère que l'Union européenne jouera à Johannesburg un rôle semblable à celui qu'elle a joué à Monterrey. Margot Wallström, Commissaire européenne à l'environnement, a dit craindre que Johannesburg « soit dominé par des échanges acerbes », et a appelé l'Union d'une part à « surmonter ses propres divisions » et d'autre part à « jouer un rôle de leader » en soutenant l'Afrique du Sud et en trouvant les partenaires indispensables pour surmonter les obstacles entre pays développés et pays en voie de développement. L'UE veut la définition d'objectifs clairs, l'établissement et de liens entre les engagements politiques, les programmes d'action et leur mise en œuvre, a-t-elle souligné.
Jorge Moreira da Silva (PPE), s'est dit très déçu par les résultats de Bali. Un échec de Johannesburg serait « honteux », a-t-il déclaré, en jugeant que « seule l'UE part au Sommet avec la volonté d'un engagement ambitieux pour le développement durable ». Anneli Hulten (PSE) a félicité la Commission pour son travail, mais a critiqué le Conseil qui « a brillé par son absence et son manque d'enthousiasme ». Paul Lannoye (Verts/ALE) a précisé qu'il n'était pas forcément contre les accords de partenariat avec les entreprises privées, mais que ceux-ci ne doivent pas remplacer les politiques volontaires des gouvernements, contrairement à ce que souhaitent certains, et « surtout les Etats-Unis ». Et il a demandé que l'UE change ses politiques « qui empêchent le développement durable », particulièrement les subventions agricoles.