Bruxelles, 13/06/2002 (Agence Europe) - Depuis les attentats du 11 septembre, la Commission européenne examine les possibilités de mobiliser des ressources, des compétences et des réseaux dans le domaine de la protection civile afin de renforcer la capacité de l'UE à réagir aux menaces terroristes. Cet exercice a abouti à l'adoption, le 12 juin, d'une communication qui recense les progrès réalisés en la matière. Il en ressort notamment qu'aujourd'hui un Etat membre qui connaîtrait une situation d'urgence grave, notamment dans le contexte de menaces terroristes, pourrait demander l'aide d'équipes d'intervention coordonnées au niveau de l'UE. Ces équipes, qui disposeront de moyens techniques sophistiqués, seront coordonnées par la Commission avec le soutien des experts européens les plus qualifiés.
Dans le cadre de son mécanisme de protection civile, la Commission a créé un centre de suivi et d'information opérationnel 24 heures sur 24. En cas d'urgence, ce centre permettra d'identifier rapidement les équipes d'intervention et les ressources les plus appropriées et de les envoyer sur place. Désormais, le centre collecte et coordonne également les informations relatives aux compétences dans le domaine nucléaire, bactériologique et chimique, ainsi que les informations relatives aux sérums et aux vaccins. Au cours des prochaines semaines commenceront des exercices de formation intensive et des exercices de simulation grandeur nature visant à permettre aux équipes provenant de différents Etats membres de travailler ensemble d'une manière efficace en cas d'urgence, malgré les différences entre les systèmes nationaux. La Commission fait valoir qu'en testant la capacité de réaction des Etats membres et leurs plans d'urgence, l'UE pourra confirmer et ajuster le cas échéant sa capacité globale de réaction face à une urgence.
Parallèlement à ces actions de coordination et de formation, la Commission s'est efforcée de développer des interfaces entre le mécanisme de coordination de la protection civile et le secteur de la santé. Dans le secteur pharmaceutique, elle a créé une task force conjointe avec l'industrie afin de dresser l'inventaire des disponibilités et des capacités de production, de stockage et de distribution de sérums, de vaccins et d'antibiotiques susceptibles d'être utilisés en cas d'attaque bactériologique. À la demande de la Commission, l'Agence européenne pour l'évaluation des médicaments a mis sur pied deux groupes de travail chargés d'élaborer un guide sur l'utilisation des médicaments pour des pathogènes éventuels et de définir des recommandations spécifiques concernant les vaccins, notamment contre la variole. Avec le soutien des ministres de la santé des Etats membres, la Commission a aussi défini un programme de sécurité sanitaire en cas d'attaque biologique ou chimique. Un réseau accessible en permanence a été établi afin d'assurer l'échange d'informations. Des travaux sont en cours en vue de créer au niveau de l'UE des capacités permettant de détecter les principaux agents chimiques et biologiques susceptibles d'être utilisés lors d'attaques terroristes, et de permettre une détection et un diagnostic rapides. D'autres travaux doivent permettre de publier des règles et des conseils concernant les mesures sanitaires à prendre en cas d'attaque. Ces mesures sont préparées en coordination avec des pays tiers et des organisations internationales telles que l'OMS.