J'ai lu pas mal d'analyses parfois très subtiles à propos du recul de l'extrême droite aux élections générales en France, mais je n'en ai trouvé aucune faisant valoir qu'un nombre considérable de Français a réagi aux âneries colossales de Jean-Marie Le Pen à propos de l'Europe. Sortie de l'euro, rétablissement des contrôles aux frontières, reconquête de l'autonomie nationale, un programme que tout citoyen raisonnable ne pouvait que rejeter. Ce qu'il a fait. Les commentateurs et la plupart des stratèges politiques continuent à croire que l'attitude à l'égard de l'Europe ne joue aucun rôle dans les résultats électoraux. Moi, je continue à croire le contraire (voir cette rubrique du 26 avril et du 8 mai) et que c'est la faute justement aux commentateurs et aux hommes politiques si cet aspect est négligé. Preuve supplémentaire: le score presque nul de M. Chevènement, qui avait rempli sa campagne électorale de bêtises anti-européennes. Les électeurs l'ont carrément ignoré, malgré un appui médiatique considérable. (F.R.)