Bruxelles, 27/05/2002 (Agence Europe) - Avec son séminaire sur la réforme de la politique régionale, organisé lundi et mardi à Bruxelles, la Commission teste auprès des représentants des régions et des Etats membres l'idée d'un Objectif 2 à la carte. En ouvrant les débats, le Commissaire européen à la politique régionale, Michel Barnier, a défendu la poursuite d'une politique communautaire au-delà de l'aide aux régions les plus en retard (Objectif 1), tout en plaidant pour une politique plus décentralisée et simplifiée que l'actuel Objectif 2, destiné aux régions en reconversion. Le Commissaire a rappelé, comme il l'avait dit au moment de la présentation du rapport intérimaire sur la cohésion, fin janvier, qu'il est favorable à ce que l'Objectif 2 soit remplacé par quelques objectifs ciblés: quartiers urbains, zones en restructuration, zones rurales, zones à handicap naturel, coopération interrégionale, nouvelle économie, développement durable, éventuellement des priorités d'emploi... Surtout, il a précisé cette idée en évoquant un "menu de priorités communautaires pour la compétitivité régionale et territoriale" et en rappelant qu'il est "prêt à abandonner le zonage", c'est-à-dire la détermination par la Commission des zones bénéficiaires des aides.
Michel Barnier propose que sur la base du "menu" de priorités déterminé au niveau européen, les priorités soutenues dans chaque pays par les programmes de l'UE puissent être différentes. Pour les priorités territoriales (zones urbaines, rurales...), il suggère que les zones bénéficiaires soient choisies par les autorités nationales "en partenariat étroit avec les autorités régionales et locales". La règle européenne pourrait dans ce cas, comme pour l'initiative Urban, consister à fixer des paramètres tels que la population couverte et l'intensité de l'aide par habitant. Pour les priorités thématiques (nouvelles technologies...), la règle pourrait être que la région doive consacrer un montant minimum d'aides communautaires à une priorité pour être choisie, afin d'éviter le saupoudrage. Le tout serait cantonné dans les limites d'une allocation financière nationale "déterminée à partir de critères objectifs", que M. Barnier n'a pas précisés. La planification et la gestion seraient décentralisées, mais encadrées par des contrats tripartites conclus pour les programmes entre l'Etat, la région et la Commission (voir EUROPE du 25 mai, p.16).