Bruxelles,14/02/2002 (Agence Europe) - Réunis sous la présidence de Pilar Del Castillo Vera, les ministres de l'Education des Quinze ont approuvé le rapport conjoint Commission/Conseil énonçant un programme de travail détaillé sur le suivi des objectifs des systèmes d'éducation et de formation en Europe pour une décennie. Ce rapport est transmis pour approbation au Sommet de Barcelone, « qui sera ainsi appelé à reconnaître l'importance de l'éducation pour atteindre les objectifs fixés à Lisbonne », a précisé Mme Del Castillo Vera. Ce programme de travail qui vise à mettre en œuvre trois objectifs (améliorer la qualité et l'efficacité des systèmes d'éducation et de formation, faciliter l'accès de tous à ces systèmes et les ouvrir au monde), définit des mesures concrètes à moyen et long terme, un calendrier et des méthodes d'évaluation des progrès réalisés par les Etats membres. Il comporte aussi un modèle de tableau à utiliser pour le suivi des indicateurs quantitatifs, comportant une moyenne européenne, la moyenne des trois Etats les plus performants de l'UE et les résultats des Etats-Unis et du Japon. Le Luxembourg a insisté avec succès sur l'inclusion de la notion de « goût de l'effort » dans l'objectif visant à développer les compétences de base. « Aujourd'hui, un grand pas en avant a été accompli parce que l'aboutissement en 2010 a été chiffré année par année. Il s'agira d'une action concertée (…) pour permettre la mobilité, l'apprentissage des langues et l'indispensable reconnaissance des diplômes », a souligné la Commissaire Viviane Reding. Pour stimuler les Etats membres à « avancer vite et bien », Mme Reding a annoncé un calendrier comprenant une évaluation des résultats concernant les indicateurs choisis pour chaque objectif vers la mi-2003, et la présentation (par la Commission et le Conseil) d'un rapport intermédiaire sur la mise en œuvre du plan de travail au Sommet de printemps 2004, et du rapport final en 2010. Suite à la demande (acceptée par toutes les délégations) de l'Allemagne, le Conseil « pourrait fixer des critères de référence pour toute l'Europe dans le cadre des articles 149 et 150 du Traité, et par consensus ». Dans son intervention au Conseil, Mme Reding a insisté sur le fait que « là où c'est possible, des benchmarks européens devraient être retenus par le Conseil ».
Les ministres ont eu un débat d'orientation sur la communication de la Commission sur la « Réalisation d'un espace européen de l'éducation et de la formation tout au long de la vie ». Constatant les écarts entre Etats membres dans ce domaine (la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni sont très avancés), Mme Reding a souligné qu'il faut parvenir à « une Europe où les qualifications et les compétences peuvent être utilisées d'un pays à l'autre, un peu comme une monnaie unique ». Tous les Etats membres sont d'accord sur cette nouvelle approche, a-t-elle dit. Et elle a précisé que des pistes de travail ont été élaborées, comme la reconnaissance des qualifications sur base de projets pilotes (par exemple, celui sur « la professionnalisation durable » mené par la France en coopération avec sept autres pays), ou par le biais d'approches régionales transfrontalières. Toutes les délégations ont également reconnu l'importance de l'orientation (« guidance ») et de l'information des citoyens, de l'ouverture fin 2002 d'un portail européen sur les possibilités d'apprentissage et sur la mobilité, et de la mise en route, à cette même époque, d'un forum européen de l'orientation. « A Barcelone, l'éducation jouera un rôle prépondérant », a conclu Mme Reding.
Par ailleurs, Mme Reding a présenté aux ministres le plan d'action sur les compétences et la mobilité (adopté mercredi), la proposition d'étendre le programme TEMPUS aux pays du bassin méditerranéen, et le rapport de synthèse de la Commission au Conseil de Barcelone. Au cours du déjeuner, les ministres ont poursuivi leur échange de vues sur ce rapport et procédé à un état des lieux du processus de Bologne qui vise à créer un espace européen de l'enseignement supérieur.