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Bulletin Quotidien Europe N° 8035
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/cuba

La visite de M. Michel à la Havane a confirmé la volonté des parties d'engager un dialogue politique sans conditions préalables

Bruxelles, 28/08/2001 (Agence Europe) - "Nous avons confirmé la volonté des deux parties de créer les conditions pour un dialogue politique fondé sur le respect mutuel sans conditions préalables", a déclaré le président du Conseil des ministres de l'UE et ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, à l'issue de sa rencontre la semaine dernière à La Havane avec le président Fidel Castro, et le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque. Au cours de cette "rencontre exploratoire", Louis Michel a constaté un "climat de confiance mais qui doit être stimulé par des gestes de part et d'autre", précise son porte-parole.

La visite, organisée à l'initiative du président du Conseil et transformée en dernière minute en visite de la "Troïka européenne" (voir EUROPE du 23 août p. 2), aura permis de clarifier les positions des deux côtés et de confirmer leur volonté de relancer le dialogue politique interrompu il y a un an après que l'UE ait soutenu l'adoption d'une résolution à l'ONU sur les droits de l'homme à Cuba, insistent les diplomates européens. "Il s'agissait essentiellement d'un test" dans la perspective de la prochaine révision bi-annuelle en novembre prochain de la position commune de l'UE sur Cuba, adoptée en 1996, estime un diplomate européen. Liée par cette position commune, adoptée à l'époque sous la pression du nouveau gouvernement espagnol de José Maria Aznar et défendue encore fermement par l'Espagne, la Suède et le Royaume-Uni, la Présidence belge ne dispose en réalité que d'une marge de manœuvre étroite, malgré le soutien de la France et du Portugal qui semblent plus favorables à une reprise des relations. Pour modifier la position commune, l'UE aurait besoin d'un "geste" du côté cubain, par la libération de prisonniers politiques ou l'annulation de la peine de mort qui n'est du reste plus appliquée par La Havane, remarque une source européenne. "L'UE cherche des mécanismes pour améliorer le dialogue, mais les critères définis par la position commune restent les mêmes", constate une autre source. Louis Michel a évoqué au cours de ses entretiens la question des prisonniers politiques et des droits de l'homme à Cuba et a rencontré plusieurs dissidents, Martha Beatriz Roque, Rene Gomez Manzano, Gerardo Sanchez et Oswaldo Paya. "Nous n'appelons pas l'Europe à imposer des conditions, mais tant que le respect des droits de l'homme n'existe pas à Cuba, les liens entre l'Europe et Cuba risquent de devenir un élément de cet ordre qui oppresse le peuple cubain", a déclaré Oswaldo Paya à l'agence Reuter. Pour la presse cubaine à Miami, la visite du président du Conseil se solde par un échec traduisant la "politique ambiguë de l'Europe". "Le ministre des Affaires étrangères belge revient avec les mains vides", titrait ainsi lundi El Nuevo Herald" de Miami.

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