Bruxelles, 28/08/2001 (Agence Europe) - Les Etats-Unis ont pris la décision, lundi, d'interdire, à partir d'octobre 2002, toute importation ou collecte de sang provenant de personnes ayant séjourné plus de cinq ans en Europe, pour se prémunir des risques de transmission de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, provenant de l'ESB. Les détails de la décision, publiée lundi à l'état de projet par la Food and Drug Administration (FDA, autorité sanitaire fédérale), seront définitivement arrêtés d'ici la fin 2001 et mis en œuvre en deux temps pour permettre aux services de collecte de sang de s'y préparer, a précisé la FDA. Au 31 mai 2002, sera interdite la collecte de sang de donneurs ayant séjourné plus de trois mois en Grande-Bretagne du début 1980 à la fin 1996, ou cinq ans en France entre 1980 et aujourd'hui, ou encore six mois sur une base militaire américaine en Europe. Au 31 octobre 2002, le sang de toute personne ayant passé plus de cinq ans en Europe entre 1980 et aujourd'hui ne pourra plus être collecté ou utilisé aux Etats-Unis. « Les recommandations visent à exclure les donneurs pouvant avoir été exposés à la variante humaine de l'ESB », a précisé la FDA dans un communiqué. « Il est essentiel que les personnes saines donnent leur sang », a ajouté le docteur Bernard Schwetz, directeur adjoint de la FDA, pour qui la mesure accroît la sécurité tout en préservant la fourniture de sang nécessaire au fonctionnement des hôpitaux américains.
La décision de la FDA va au-delà des recommandations émises le 28 juin par une commission d'experts sur la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Ces experts, saisis par la FDA, préconisaient une interdiction de collecte auprès des personnes ayant séjourné plus de dix ans en France, Portugal ou Irlande depuis 1980 ou six mois en Grande-Bretagne de 1980 à 1996. Mais la Croix rouge américaine va le plus loin avec l'adoption à partir de septembre prochain d'une politique interdisant la collecte de sang de donneurs ayant séjourné en Europe pendant plus de six mois depuis 1980 ou en Grande-Bretagne pendant plus de trois mois depuis 1980. Ces mesures sont prises à titre de pure précaution puisque « à ce jour, aucune donnée épidémiologique ne suggère que la nvMCJ (variante humaine de la maladie de la vache folle) a pu être transmise par le sang, des produits sanguins ou des dérivés de plasma », ont écrit dans leur rapport les experts consultés par la FDA.
Les mesures prises par l'agence américaine ont été anticipées par les principaux organismes américains de collecte de sang, lesquels ont déjà pris des mesures pour se passer, dès l'automne 2001, d'importations de sang de donneurs européens ou ayant séjourné en Europe. Ainsi, la Croix rouge américaine (« American Red Cross », ARC) a lancé une campagne de collecte de sang pour compenser, dès la fin septembre, l'approvisionnement européen, qui représente un quart des besoins des hôpitaux de New York. L'ARC fournit près de 50% des besoins américains. Les centres de sang américains (« America's Blood Centers ») se sont aussi engagés la semaine dernière à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une pénurie de sang à New York. La métropole forte de huit millions d'habitants est la seule région américaine chroniquement déficitaire en produits sanguins.
Par ailleurs, le ministère américain de la Santé a dévoilé un plan de grande envergure destiné à renforcer le dispositif de surveillance, à accroître l'effort de recherche et à développer les services d'inspection existants pour prévenir l'ESB et les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST). Ces mesures seront assorties d'un doublement, d'ici la fin 2002, des moyens budgétaires affectés à la recherche sur l'ESB (soit près de 50 millions de dollars), Creutzfeldt Jakob et autres EST (travaux sur le prion, le franchissement de la barrière des espèces, la mise au point de tests de dépistage chez l'animal et chez l'homme et mise au point de traitements médicaux).