login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8005
Sommaire Publication complète Par article 28 / 36
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/changements climatiques

Fermeté sur les objectifs et le calendrier du Protocole de Kyoto, souplesse dans la négociation des modalites de mise en oeuvre sont les mots d'ordre de l'union pour obtenir un accord à Bonn

Bruxelles, 12/07/2001 (Agence Europe) - A Bonn, où reprendront lundi les négociations internationales sur le climat (COP 6 bis, 16-27 juillet), l'Union européenne devra faire le grand écart pour réussir son pari: rester ferme sur les objectifs et le calendrier du Protocole de Kyoto, faire preuve de souplesse dans la négociation pour rallier le nombre requis de pays pour ratifier le Protocole en 2002 (55 pays contribuant à 55% des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde), tout en sachant que les Etats-Unis - partenaire essentiel en tant que premier responsable du réchauffement planétaire - ont renoncé à le ratifier, que l'Australie ne le ratifiera pas sans les Etats-Unis et que le Japon se tâte encore, espérant toujours, contre toute attente, le retour des Américains dans le processus pour ne pas devoir avancer sans ce partenaire privilégié. Les propos tenus mercredi à la presse par Olivier Deleuze, Secrétaire d'Etat à l'Energie et au Développement durable de la Belgique et Margot Wallström, Commissaire à l'Environnement, de retour de leur mission en Australie et au Japon (voir EUROPE des 9 & 10 juillet, p. 7 et du 7 juillet, p.6), donnent une idée précise de l'ampleur du défi et de la difficulté de la tâche. Mais tous deux se refusent à considérer qu'une mission impossible attend l'Union, la priorité étant, selon eux, de parvenir à un bon accord à Bonn, puis de poursuivre les négociations avec les Etats-Unis. En clair: 1) l'Union est prête à négocier les règles de mise en œuvre du Protocole de Kyoto (conformément à l'ordre du jour de la COP 6), mais non le protocole lui-même, les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze ayant, à Göteborg, donné mandat de le ratifier en 2002 ; 2) l'Union juge que la probabilité de rallier les Etats-Unis à court terme est extrêmement faible, mais elle considère qu'à terme un accord multilatéral dont ils seraient exclus alors même qu'ils produisent 25% des émissions de gaz à effet de serre ne serait pas efficace ; 3) il convient donc dans un premier temps de ne pas attendre les Etats-Unis, mais de garder l'objectif d'obtenir ultérieurement leur implication dans le processus

« La position du Japon diffère très largement de la position australienne. Jusqu'à la dernière minute, le Japon fera tout ce qui est en son pouvoir pour ramener les Etats-Unis dans le processus ; il juge donc prématuré de s'engager à ratifier le Protocole indépendamment des Etats-Unis, mais il n'a pas l'intention de retarder le processus de ratification. Ces trois éléments semblent à première vue contradictoires, mais ne le seront pas si la volonté existe de trouver une solution », a estimé Olivier Deleuze. Selon lui, les facteurs rendant enclins au pessimisme (l'attentisme face à une éventuelle ratification et l'ampleur du fossé séparant les positions des différentes parties concernant les puits de carbone, le mécanisme d'observance des objectifs et l'aide au pays au développement) sont contrebalancés par des éléments positifs: la prise de conscience au plus haut niveau et dans tous les pays de ce qu'il s'agit d'un dossier dépassant les questions purement environnementales, et l'accord unanime sur la nécessité de trouver une solution. Estimant qu'une solution ne respectant pas l'intégrité environnementale du protocole de Kyoto ne sert à rien, il a ajouté: «Si l'Union souhaite ardemment, à Bonn, un accord fournissant suffisamment d'informations pour permettre au plus grand nombre de s'engager dans sa ratification, l'Union ne doit pas pour autant être flexible pour tout le monde. La flexibilité doit être partagée, sinon tous les doutes seront permis quant à l'impact positif du Protocole sur l'environnement ». Rappelant que les premiers responsables du changement climatique sont les pays industrialisés, mais les premiers touchés les pays pauvres, il a estimé que «pour permettre aux pays en développement comme aux Etats-Unis de monter à bord, il faut empêcher que le bateau ne coule, et pour qu'il ne coule pas, il faut le faire avancer.

Margot Wallström a fait état de «l'engagement de l'Australie et du Japon de négocier de manière constructive » et espéré «que le Japon respectera sa promesse de s'engager dans de réelles négociations ». La volonté de l'Union de dégager «un accord sur un paquet global » à Bonn a été réitérée dans les deux pays, mais l'Union est également prête à d'autres options, notamment « un accord sur un nombre plus réduit d'éléments », a expliqué la Commissaire, ce qui, selon elle, n'est pas contradictoire avec l'objectif de ratifier le protocole en 2002, comme le souhaite l'Union. Satisfaite que la mission de la Troïka de l'UE ait «réussi à influencer le débat national en Australie », elle a reconnu qu'à Bonn, «la tâche ne sera pas aisée ». « Ce qui nous préoccupe, c'est que les Etats-Unis ont promis de ne pas faire obstruction à un accord. Il semble y avoir un problème de définition du terme car les Américains essaient de convaincre leurs partenaires du groupe de l'ombrelle (NDLR: Canada, Nouvelle-Zélande, Australie, Norvège) du bien-fondé de leur position », a-t-elle ironisé. Il n'y a pas de négociation sans concessions, a reconnu Mme Wallström. Mais les concessions auxquelles l'Union seront faites «donnant, donnant » et ne remettront pas en cause l'esprit et la crédibilité du Protocole de Kyoto, a-t-elle assuré. Interrogée sur la nature de ces concessions, la Commissaire a évoqué la flexibilité sur les méthodes pour atteindre les objectifs du Protocole dans les délais prescrits. « Il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore », a-t-elle conclu en balayant l'idée de renégocier le Protocole.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE