Bruxelles, 12/07/2001 (Agence Europe) - A la suite d'une enquête approfondie, la Commission européenne a décidé mercredi, comme nous l'avons indiqué, d'autoriser la reprise d'Eurodiol et de Pantochim, deux entreprises chimiques belges, par la société allemande BASF. L'opération permettra à BASF d'obtenir des parts de marché élevées pour certains produits chimiques de base, mais la Commission a estimé qu'elle serait moins dommageable pour le marché que la fermeture des firmes belges, qui se trouvent en situation de faillite.
La Commission a axé son enquête sur l'impact de la fusion sur les marchés des produits connexes THF, NMP et GBL (utilisés principalement comme dissolvants) dans l'Espace économique européen où BASF détient des parts de marché supérieures à 45 %. Or, l'opération combine BASF, leader européen, avec Eurodiol, numéro trois du marché, ce qui suscite certaines préoccupations, les concurrents (ISP et Lyondell) étant de taille nettement plus modeste.
Compte tenu des difficultés financières d'Eurodiol et de Pantochim, et conformément à la notion de fusion de sauvetage ("thèse de l'entreprise défaillante"), la Commission a été amenée à comparer l'impact de la fusion sur le marché avec l'impact qu'aurait la disparition des deux firmes belges si le rachat ne serait pas autorisé. De cette comparaison, elle a tiré les conclusions suivantes: - en l'absence d'acquéreur, la faillite des deux firmes belges serait inévitable et immédiate; - BASF est la seule société à avoir présenté une offre de reprise solide. En outre, la Commission a estimé que, sans la fusion, la capacité de production d'Eurodiol et de Pantochim serait insuffisante sur le marché, et qu'une faillite risquerait de causer des pénuries d'approvisionnement et des augmentations de prix affectant les clients dans des proportions plus importantes que si la fusion était autorisée. Elle a donc conclu que la notion de fusion de sauvetage était applicable. En utilisant la thèse de "l'entreprise défaillante", la Commission a appliqué les mêmes critères que ceux développés par les autorités de concurrence des Etats-Unis dans leurs lignes directrices en matière de concentration.