Bruxelles, 12/07/2001 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur et de la Justice des Quinze se réuniront vendredi après-midi à Bruxelles pour un Conseil spécial consacré à la sécurité des Conseils européens et autres grandes réunions internationales organisées par un Etat membre, convoqué dans l'urgence suite aux violences qui ont entaché le sommet de Göteborg. L'organisation même de ce Conseil ne fait pas l'unanimité. "L'ambition de la Présidence n'est pas d'arriver en quinze jours à un instrument contraignant, mais de faire l'inventaire de ce qui existe, et de s'assurer que les Etats emploient bien les instruments qui sont à leur disposition", répond-on de source de la Présidence, en assurant qu'il était important que cette réunion se tienne tôt, pour améliorer la sécurité des réunions organisées pendant ce semestre.
Les discussions au niveau des Représentants permanents des Quinze ont mis à jour les réticences de nombreux Etats membres quant aux propositions faites sur les échanges de fichiers et l'éventuelle constitution d'une base de données européenne, et sur les restrictions à la liberté de circulation. Sur le premier point, des réserves de principe, souvent d'ordre constitutionnel, ont été formulées par l'Autriche, la Grèce, la Finlande, le Danemark, l'Irlande, les Pays-Bas, la Finlande et la Suède. Sur la possibilité ou l'obligation pour un pays d'empêcher un de ses ressortissants de quitter son territoire, la Finlande, la Grèce, la France, l'Autriche, l'Irlande, le Danemark et les Pays-Bas, notamment, ont exprimé des réserves. La Présidence s'employait jeudi à trouver un compromis sur la formulation de ces deux propositions.
D'autres propositions sont plus consensuelles, comme la constitution d'un pool d'officiers de liaison, le déplacement de physionomistes spécialistes des groupes violents lors de grandes réunions (les "spotters"), l'organisation de séminaires, l'échange d'informations, des rapports sur des incidents par les Etats concernés... Le renforcement de cette coopération devrait être confié à la Task Force des chefs de police européens. Les Quinze devraient aussi discuter de la réactivation de l'action commune du 26 mai 1997 qui porte précisément sur la coopération et les échanges d'informations sur des groupes potentiellement violents se déplaçant d'un Etat membre vers un autre. Le Conseil devrait bien entendu rappeler l'importance du respect de la liberté de manifester, en insistant sur le droit de le faire sans que soit menacée la sécurité des manifestants ou des forces de police. Les conclusions devraient aussi souligner l'importance d'un dialogue constructif entre les organisateurs de manifestations publiques et les autorités du pays hôte.
Le Conseil devrait aussi discuter d'Europol, à propos de la découverte d'une fraude au sein de la direction de cet Office. La Présidence belge avait convoqué une réunion extraordinaire du Conseil d'administration d'Europol le 3 juillet dernier, et le ministre Duquesne recevra son Directeur le 20 juillet, "pour un entretien sur l'avenir de cet organisme".