Bruxelles, 27/06/2001 (Agence Europe) - Dans le débat qui s'est ouvert sur l'avenir de l'Europe, on parle beaucoup d'institutions, mais il faudrait d'abord parler "en termes de programme politique" pour voir justement de quelles institutions nous avons besoin, a dit le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker lors d'un dîner-débat organisé par la Konrad-Adenauer-Stiftung, mardi à Bruxelles, sur le thème "Les futures tâches politiques de l'Europe". M. Juncker a quand même brièvement évoqué les questions institutionnelles, en estimant que le président de la Commission devrait être élu par le PE (ce qui ne signifie pas qu'il doit être un député européen) et en notant: "Je ne sais pas s'il faut deux chambres. J'ai l'impression que ceux qui les veulent ont des problèmes avec le PE. Il faudrait d'abord dire ce qu'on veut pour le Parlement européen". Au sujet de la PESD, M.Juncker a salué le travail accompli par Javier Solana, tout en remarquant: "J'aimerais mieux qu'il soit à la Commission". Par ailleurs, il a souhaité que cesse le "malheureux débat" entre "grands" et "petits", en lançant, avec son auto-ironie bien connue: les petits savent "vraiment" qu'ils sont petits, et ils n'ont pas besoin qu'on le leur dise tout le temps, comme les grands n'ont pas besoin de dire qu'ils sont grands; après tout, une belle femme ne dit pas tout le temps qu'elle est belle, "ça se voit".
Quant aux problèmes découlant du rejet du Traité de Nice par l'Irlande, M.Juncker a affirmé qu'il faut examiner ce que les Irlandais ont voulu exprimer: " Je n'en suis pas encore venu à bout", a-t-il admis, tout en notant que ce vote était une nouvelle manifestation du "fossé" existant entre les citoyens et la politique (plutôt la politique en général que la politique européenne, a-t-il estimé, tout en reconnaissant qu'il faut "davantage de pédagogie européenne"). Des pays qui ont réussi à mettre en route l'Union économique et monétaire prouvent quand même qu'ils sont capables de "grandes réussites", a ajouté M. Juncker, qui a remarqué en passant que lui-même et Wim Kok étaient "les seuls survivants de Maastricht", les seuls participants au sommet qui avait lancé l'UEM. Maintenant que nous avons le marché intérieur et l'euro, nous devons prendre au sérieux la politique sociale, s'est exclamé M. Juncker, en affirmant: il nous faut, sur le plan social, un "socle minimal qu'on ne pourra pas corriger vers le bas".