Bruxelles, 27/06/2001 (Agence Europe) - A vingt jours de la reprise des négociations internationales sur le climat à Bonn (COP6, 16-27 juillet), l'issue des pourparlers préparatoires informels de La Haye, actuellement en cours (voir EUROPE des 25/26 juin, p.8), est incertaine. La tiédeur du Japon motivée par sa réticence à ratifier le protocole de Kyoto sans les Etats-Unis, et les rumeurs concernant un possible repli des Russes augurent, à ce stade, de négociations difficiles à Bonn. Des sources proches de la Commission affirment cependant qu'aucune indication officielle concernant une éventuelle défection de la Russie n'est parvenue à l'Union. Pour Jan Pronk, ministre de l'Environnement des Pays-Bas et président de la COP 6, « Bonn est la dernière chance de parvenir à un accord sur les objectifs de Kyoto ». Kenneth C. Brill, le représentant américain, a confirmé que son pays ne bloquerait pas le processus, et souhaitait être un partenaire actif et constructif, même s'il ne ratifie pas le protocole.
Margot Wallström, Commissaire européen à l'Environnement, mesure toutefois la difficulté de la tâche. Dans un communiqué, elle déclare: « il est trop tôt pour tirer des conclusions de cette rencontre (…). L'Union européenne considère que le document du président Pronk (dernier compromis consolidé, présenté la semaine dernière: NDLR) constitue une bonne base pour la poursuite des négociations. Nous travaillons dur pour parvenir à un accord à Bonn et nous sommes disposés à faire preuve de flexibilité. Nous devons en particulier établir des ponts avec les pays en développement. Les questions cruciales qui se posent sont de savoir si d'autres pays, y compris le Japon, ont la volonté politique de faire de Bonn un succès et si les Etats-Unis laisseront les autres parties aller de l'avant . C'est du moins ce qu'avait promis le président Bush ».
Compte tenu de ces incertitudes, l'Union attendra la fin de la réunion informelle de La Haye pour dépêcher au Japon une mission de haut niveau. Celle-ci serait probablement composée de Jan Pronk, Margot Wallström et de représentants des Présidences suédoise et belge du Conseil. La date des 6 et 7 juillet est avancée mais doit encore être confirmée.
Contrairement à ce qui était prévu, la conférence de Bonn commencera par une réunion ministérielle, du 16 au 21 juillet, pour se poursuivre au niveau des experts entre le 22 et le 27 juillet.