Bruxelles, 27/06/2001 (Agence Europe) - Mercredi, la Commission européenne a adopté une communication accompagnant le deuxième rapport sur les finances publiques dans l'UEM dans laquelle elle pointe du doigt quatre Etats membres de la zone euro (France, Allemagne, Italie et Portugal) qui accusent encore des déficits « largement supérieurs » à l'objectif fixé par le Pacte de stabilité et de croissance (PSC), à savoir une position budgétaire « proche de l'équilibre ou excédentaire ». Ces pays disposeraient d'une marge de manœuvre réduite face au ralentissement actuel de la conjoncture, alors que la Commission autorise une hausse « contrôlée » des déficits budgétaires dans les pays de la zone euro dont les finances publiques sont saines. La communication de la Commission rappelle aussi qu'une bonne gestion des finances publiques reste au premier plan des priorités de l'Union européenne, afin de pouvoir alléger la pression fiscale sur le travail et régler de façon efficace les problèmes des retraites et des soins de santé. La plupart des Etats membres « tardent depuis trop longtemps à réorienter leurs dépenses publiques au profit des politiques créatrices de croissance et d'emploi », écrit la Commission.
« Tandis que des progrès ont été réalisés en 2000 dans certains Etats membres (Belgique, Espagne Autriche, Irlande et Finlande), il est regrettable que certains pays n'ont pas réussi à tirer les avantages d'une croissance favorable durant les deux premières années de l'UEM afin de parvenir à une meilleure consolidation de leurs finances publiques », a déclaré le Commissaire Pedro Solbes au cours de sa conférence de presse. « À moyen terme, les programmes actualisés de stabilité et de convergence montrent que tous les Etats membres entendent parvenir à une position budgétaire proche de l'équilibre ou excédentaire. Cependant, ce ne sera pas avant 2003 ou 2004 pour certains d'entre eux », a dit M. Solbes, estimant que la plupart des programmes semblent « manquer d'ambition au regard de la nécessité de se préparer aux conséquences budgétaires du vieillissement de la population ». Il faut ajouter à cela le fait que les soldes budgétaires des pays de la zone euro devraient légèrement se détériorer en 2001, tant en termes effectifs que corrigés du cycle, « marquant ainsi le premier renversement de tendance en matière d'assainissement budgétaire depuis 1993 ».
La partie « évolution et perspectives budgétaires » du rapport souligne que le déficit budgétaire de la zone a fléchi, pour tomber à 0,7% du PIB en 2000 (en excluant le produit de la vente des licences UMTS), soit 0,5% du PIB de moins qu'en 1999. Dans certains pays, la consolidation budgétaire a été meilleure que prévu (Finlande, Autriche, Grèce et Suède), tandis que d'autres pays comme le Luxembourg, l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Irlande, les Pays-Bas et le Danemark ont dû revoir les estimations à la baisse. Le respect à moyen terme de l'objectif d'un budget globalement équilibré est particulièrement important pour que les pays très endettés (Belgique, Grèce et Italie) puissent retrouver rapidement un niveau d'endettement inférieur à 60% du PIB. En revanche, dans les pays dotés de puissants stabilisateurs économiques (Pays-Bas, Finlande et, en dehors de la zone euro, le Danemark et la Suède), un léger excédent structurel paraît approprié.
Les autres principaux points soulevés dans le rapport sont les suivants: - le dosage approprié des politiques macro-économiques, tant au niveau de la zone euro qu'au niveau des Etats membres: d'une part, un dosage équilibré est nécessaire pour que les politiques budgétaires n'imposent pas une charge excessive à la politique monétaire (ce qui risquerait d'aggraver le ralentissement économique actuel), d'autre part, la politique budgétaire des Etats membres doit également aboutir à un dosage macro-économique judicieux au niveau national, surtout dans les pays qui présentent des signes manifestes de surchauffe ; - l'allégement de la pression fiscale sur le travail, qui a progressé, alors que des efforts supplémentaires s'imposent pour ce qui est de l'impôt sur le travail faiblement rémunéré. Quant aux régimes de prestations sociales, les progrès ont été modestes ; - une approche décentralisée (« bottom-up ») de la politique budgétaire: pour qu'elle puisse fonctionner, la coordination des politiques économiques doit posséder une réelle substance, et les autorités nationales doivent tenir compte de façon réaliste des implications de leurs mesures nationales pour la zone euro.
« Le ralentissement économique actuel constituera le premier véritable test de l'efficacité du processus de surveillance budgétaire dans la zone euro », a affirmé M. Solbes avant de fournir des explications sur le rôle (parfois remis en question) des stabilisateurs automatiques, non seulement lorsque les économies sont affectées par des chocs qui se situent du côté de la demande (réduction de la consommation privée ou chute des exportations), mais encore lorsqu'il s'agit de chocs sur l'offre (comme les variations des prix de l'énergie ou l'innovation technologique).