Luxembourg, 11/06/2001 (Agence Europe) - A la suite du rejet du Traité de Nice par le peuple irlandais (voir autre nouvelle, p.9), le Conseil Affaires générales a adopté les conclusions suivantes: «Tout en respectant la volonté du peuple irlandais (la proposition initiale de la Présidence suédoise mentionnait «les inquiétudes», le terme de «volonté» a été inséré à la demande de l'Irlande: NdlR), les ministres ont exprimé leur regret au sujet des résultats du référendum irlandais sur le Traité de Nice. Ils ont exclu toute renégociation du texte signé à Nice. Le processus de ratification va se poursuivre sur la base de ce texte et conformément au calendrier fixé. Les ministres ont pris note de l'engagement profond et ferme du gouvernement irlandais envers l'Union européenne et la ratification du Traité de Nice. Les quatorze ont fait état de leur disponibilité à aider par tous les moyens le gouvernement irlandais à trouver une issue, en prenant en compte les préoccupations reflétées par ce résultat, sans rouvrir le texte du Traité de Nice. Ils ont souligné l'engagement de l'Union à réaliser l'élargissement et à poursuivre les négociations d'adhésion».
Evoquant un «résultat décevant pour son gouvernement», le ministre irlandais des Affaires étrangères, Brian Cowan, a souligné, lors d'une conférence de presse, le faible taux de participation (34%) au référendum de la semaine dernière. «J'ai dit à mes collègues qu'il ne remet pas en cause l'engagement européen de l'Irlande et ne traduit pas une opposition à l'élargissement», a-t-il dit en insistant sur la nécessité pour son gouvernement «d'analyser ce résultat». Il s'est dit d'accord avec la nécessité de «respecter le calendrier pour l'élargissement» et «trouver une solution sans rouvrir la discussion sur le texte du Traité de Nice». «Nous respectons la décision populaire», a-t-il ajouté, tout en estimant que «toutes les motivations des électeurs n'étaient pas liées au contenu du traité» et que le résultat s'explique aussi par des raisons de politique intérieure.
Dans sa conférence de presse, lundi à Luxembourg, Romano Prodi a répondu à plusieurs questions sur le rejet du Traité de Nice par les Irlandais en notant qu'il était clair que la campagne pour le "non" avait porté sur beaucoup de questions "qui n'avaient rien à voir avec le Traité". Le Premier ministre irlandais (avec qui il avait parlé au téléphone lundi) m' a assuré que ce rejet "ne justifie pas une crise" et qu'il est confiant d'obtenir la ratification du traité "en temps utile, a dit le président de la Commission. A la question de savoir s'il se considérait en partie responsable du rejet du traité par Dublin, suite à la réprimande à l'Irlande pour sa politique budgétaire, M. Prodi a répliqué: la Commission ne doit pas se reprocher d'avoir fait ce que quinze gouvernements lui avaient demandé de faire, elle serait responsable, plutôt, si elle ne fait pas son devoir, qu'il s'agisse d'Irlande, Allemagne ou d'Italie.