Bruxelles, 11/06/2001 (Agence Europe) - Le PE débat ce mardi le rapport de Gerardo Galeote Quecedo (PPE-DE, Espagne) sur la communication de la Commission concernant le développement de son service extérieur, marquant l'accord du rapporteur avec les grandes orientations de la communication, même si il déplore que les propositions de la Commission manquent d'ambition, de précision et de rigueur.
Au fil des années, l'élargissement des compétences extérieures de la Communauté et l'évolution de la PESC sollicitent de plus en plus les délégations de la Commission, qui a décidé d'une refonte des directions et services "Relex" (relations extérieures). C'est dans ce cadre que s'inscrit la communication débattue au Parlement, et qui est axée principalement sur la reconfiguration du réseau de délégations de la Commission et sur leur renforcement en vue d'atteindre, en particulier, les objectifs de réforme de la gestion de l'aide extérieure lancée à l'instigation du Commissaire Chris Patten. La Commission considère dans ce contexte que la croissance exponentielle du volume de l'aide de l'UE nécessite une adaptation des ressources humaines et des structures et outils de gestion, et prône la déconcentration et la décentralisation de l'aide extérieure, la déconcentration consistant à transférer la responsabilité de l'aide au développement du siège de la Commission aux délégations et la décentralisation à transférer la responsabilité de la Commission aux pays bénéficiaires. La Commission met l'accent sur la nécessité d'accroître les ressources humaines, d'améliorer les équipements (en particulier les systèmes informatiques) et d'adopter un certain nombre de mesures connexes (en matière de formation, par exemple), mais s'attarde moins sur la décentralisation, ce que déplore le rapporteur.
Soulignant que les délégations dépendent de la Commission mais qu'elles jouent un rôle beaucoup plus large de représentation de toute la Communauté, M. Galeote Quecedo estime qu'il serait souhaitable de traduire juridiquement cette réalité et de transformer les délégations de la Commission en délégations de la Communauté et de resserrer les liens de ces dernières avec le Parlement européen. Le rapporteur plaide aussi en faveur de l'instauration de canaux permanents d'information entre les délégations et le PE et regrette que la communication de la Commission passe trop rapidement sur la formation des fonctionnaires, appelant à la création d'une école diplomatique communautaire. M. Galeote Quecedo déplore par ailleurs que la Commission ne fasse qu'effleurer la question de la collaboration des délégations avec les services diplomatiques des Etats membres, estimant que les diplomates des Etats membres devraient être liés au service diplomatique communautaire naissant par un système de passerelle qui leur permettrait d'intégrer temporairement le service extérieur communautaire.
Se félicitant au passage de la volonté de rééquilibrage entre fonctionnaires et agents locaux, le rapporteur souscrit également à la volonté de la Commission de régionaliser certaines délégations, en leur permettant de remplir un rôle à l'égard de plusieurs Etats voisins, mais "sous réserve que soit garantie la présence au sein de celles-ci du personnel spécialisé requis en fonction des intérêts communautaires dans la région en question". Enfin, le rapporteur soutient l'ouverture de nouvelles délégations suggérée par la Commission et ajoute à la liste de l'Exécutif européen quelques pays ou régions où il estime que l'ouverture de délégations pourrait également être envisagée: région du Golfe, Arabie saoudite, Equateur, Paraguay et Suisse.
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