Luxembourg, 11/06/2001 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse tenue en marge du Conseil Affaires Générales de lundi à Luxembourg) sur le Conseil européen de Göteborg des 15 et 16 juin et sur le sommet UE/Etats-Unis du 14 juin, également à Göteborg, le président de la Commission européenne Romano Prodi, en notant que les deux points principaux du sommet européen seront l'élargissement et le développement durable, a salué la priorité donnée par la Présidence suédoise à cette nouvelle dimension de la politique de l'UE. La Commission européenne a proposé des objectifs ambitieux, précis et concrets en matière de développement durable, et à Göteborg nous devrons "compléter le triangle" en ajoutant l'environnement à ce qui a été déjà fait en matière économique et sociale (aux sommets de Lisbonne et Stockholm), a-t-il dit. Ce changement dans notre manière d'utiliser la technologie, de gérer "le territoire" est nécessaire pour maintenir notre niveau de vie et celui de nos enfants et nos petits-enfants, a affirmé M. Prodi, pour qui le développement durable doit être "la considération centrale" autour de laquelle articuler les politiques sectorielles. Le "premier banc d'essai" sera la révision des politiques communautaires,- la politique agricole, de la pêche, des transports-, a constaté le président de la Commission.
Au sujet de l'élargissement, M. Prodi a noté que les négociations d'adhésion se poursuivent conformément au "tableau de bord" de la Commission européenne, ce qui, a-t-il dit, devrait permettre d'achever les négociations vers la fin de 2002, de sorte que les citoyens des futurs nouveaux Etats membres puissent participer aux élections européennes de juin 2004. A la question de savoir si, selon lui, le sommet de Göteborg devrait donner un signal précis sur la date des premières adhésions, M. Prodi a répliqué: "Nous devons maintenir un sentiment d'urgence (...) J'ai dit autour de la fin de 2002, peut-être un mois avant ou après (...) Je ne sais pas si à Göteborg ils voudront aller au-delà de ça (...). Je répète ce message, après le référendum irlandais" (sur le Traité de Nice: voir autres nouvelles). Le message de Göteborg doit être "un message d'intérêt réciproque" des pays candidats et des Etats membres actuels, a martelé M. Prodi, en estimant que les conditions pour maintenir l'appui de l'opinion publique au processus d'élargissement de l'UE sont "la flexibilité et le respect réciproque". Interpellé sur les craintes des citoyens des Etats membres face au prochain élargissement, M. Prodi a répété en particulier: je suis convaincu qu'il n'y aura pas une augmentation de l'immigration en provenance des pays candidats, mais pour tenir compte de ces craintes il faut se donner du temps, et c'est pour cela que la Commission a proposé des périodes transitoires...
Quant au sommet UE/Etats-Unis, le premier depuis l'entrée en fonction de l'Administration Bush, M. Prodi a souligné que "nous devrons nous concerter sur nos responsabilités globales", et que ce sera une "discussion franche", "d'égal à égal", avec une Europe qui acquiert de plus en plus d'autorité sur la scène mondiale. Nos intérêts sont "partagés dans toute la planète", mais, "comme dans chaque partenariat fort, les divergences sont inévitables", et il faut les régler par un "dialogue intense", a remarqué Romano Prodi, en espérant que le sommet de Göteborg (après la présentation de la communication de la Commission sur la relation transatlantique: NdlR) sera l'occasion d'imprimer un nouvel élan à la coopération entre l'UE et les Etats-Unis. Nous continuons à compter sur des Etats-Unis jouant un rôle actif dans le monde et résistant aux "tentations du protectionnisme et de l'unilatéralisme", a ajouté Romano Prodi. Et, au sujet du dossier controversé du changement climatique, il a salué les récents "signaux" montrant que les Etats-Unis reconnaissent ce problème (un rapport de la National Academy of Sciences, demandé par la Maison Blanche et remis mercredi dernier, admet que la surchauffe de la planète, due essentiellement à des activités de l'homme, pourra entraîner de très importants changements climatiques dans les prochaines décennies: NdlR). Nous demeurons pour notre part disposés à tenir compte de "problèmes spécifiques" des Etats-Unis et à faire preuve de "flexibilité constructive" afin de trouver des solutions, mais dans le cadre du Protocole de Kyoto, a ajouté M. Prodi, pour qui le respect du protocole reste "la meilleure solution", alors que "le défi du développements durable est d'aller encore plus loin". Lors du sommet avec les Etats-Unis, nous évoquerons aussi les développement dans les Balkans occidentaux, la coopération au Moyen-Orient et le démarrage d'un nouveau round de négociations commerciales multilatérales, a rappelé M. Prodi.