Bruxelles, 05/06/2001 (Agence Europe) - Le Groupe européen d'éthique, dont les activités ont été ralenties au début de l'année dans l'attente du renouvellement de son mandat et de sa composition par la Commission européenne (voir EUROPE du 26 avril, p.13), a un agenda très chargé si l'on tient compte du caractère informel des structures sur lesquelles s'appuient les personnalités indépendantes qui le composent. EUROPE rappelle que les membres du groupe ne sont pas rémunérés et qu'ils ont souvent des activités professionnelles lourdes dans l'enseignement et dans certaines institutions nationales. Le nouveau groupe, qui reste présidé par Noëlle Lenoir, a été renforcé par l'arrivée de plusieurs personnalités de très haut niveau, avec deux conséquences principales: sa pluridisciplinarité semble accrue et il devrait être un peu plus sensible à l'ensemble des enjeux éthiques qui accompagnent ou découlent de la société de l'information. Aux côtés de personnalités que l'on connaissait déjà, comme le président de l'autorité italienne pour la protection de la vie privée, Stefano Rodotà ou encore la généticienne britannique Anna McLaren, le groupe accueille désormais le frère du Premier ministre grec, Spiros Simitis, qui a présidé pendant 16 ans la commission allemande de protection des données ou encore le spécialiste espagnol de la génétique des plantes, Pere Puigdomenech Rosell.
Le Groupe va poursuivre ses travaux sur la brevetabilité des cellules souches humaines afin de rendre d'ici la fin de l'année l'avis qui lui a été demandé à ce sujet par le président de la Commission européenne, Romano Prodi. Un avis important puisqu'il s'inscrit à la fois dans la polémique liée aux brevets délivrés aux Etats-Unis et en Australie pour des cellules humaines, mais aussi à celui accordé par l'Office européen des brevets à l'université d'Edinburgh pour des cellules animales ainsi que dans la perspective d'une éventuelle révision du texte toujours controversé de la directive de 1998 sur la brevetabilité des inventions biotechnologiques. Lors de la première réunion du Groupe, M. Prodi lui a aussi demandé d'entreprendre des travaux sur la question de l'éthique de la recherche dans les pays en voie de développement, un sujet qui touche principalement aux essais cliniques, dont on sait qu'ils représentent environ 50% de la dépense de recherche-développement d'un nouveau médicament, une dépense qui se situe actuellement en moyenne à 500 millions d'euros. L'examen de cette question pourrait d'ailleurs amener le groupe à s'interesser à l'ensemble des problèmes liés aux essais cliniques et à «faire le point sur la protection de l'homme face aux expérimentations», selon l'expression de sa présidente, Mme Lenoir. Le Commissaire Philippe Busquin a souhaité que le Groupe se prononce sur le prochain programme-cadre de recherche. Il pourrait notamment examiner les programmes concernant la génomique, les biotechnologies, la société de l'information et la dimension «science/société», avec les aspects éthiques liés à la «gouvernance». Ce dernier aspect ouvre la voie au grand débat sur les droits fondamentaux des citoyens dans un monde en mutation dont le principal moteur reste le marché. Le Groupe espère pouvoir finaliser ses avis sur la recherche au premier semestre de cette année.
La prochaine réunion du Groupe européen d'éthique aura lieu le 3 juillet. A cette occasion, le Groupe devrait procéder à une révision de son règlement intérieur et chercher comment perfectionner son système de «tables rondes». Il se réunira ensuite régulièrement le 1er mardi de chaque mois. Dès les 11 et 12 juin prochains, le Groupe participera à Umea (Suède), en présence du Commissaire Busquin et du ministre suédois de l'Education et de la Recherche, Thomas Östros, à une conférence organisée par la Présidence suédoise sur le thème «Ethique et recherche biomédicale».