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Bulletin Quotidien Europe N° 7973
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe

Le président Prodi plaide pour une «Europe forte» fondée sur un «grand projet» - Pour la consolidation du modèle communautaire, le développement d'une culture du vote majoritaire et une répartition souple des compétences

Paris, 29/05/2001 (Agence Europe) - Dans son discours à l'Institut d'Etudes politiques de Paris, le président de la Commission européenne, Romano Prodi a constaté que les citoyens européens, dont 90% assignent à l'Union des priorités ambitieuses (il a cité le maintien de la paix et de la sécurité, la lutte contre le chômage, contre le crime organisé et l'exclusion sociale), ne se sentent guère concernés par la manière dont l'Union fonctionne. «C'est le signe qu'il est temps de faire l'Europe autrement», a dit M. Prodi avant d'estimer: «L'heure est venue de bâtir l'Europe politique. En redéfinissant le «projet européen», en faisant apparaître nos objectifs au grand jour, nous pouvons faire en sorte que les Européens s'approprient l'Europe». Et de poursuivre: « De ce point de vue, je partage l'opinion exprimée hier par le Premier ministre français Lionel Jospin: "L'Europe est d'abord un projet politique». Avant toute autre négociation institutionnelle, nous devons en premier lieu définir quels sont nos objectifs". Evoquant les objectifs internes de l'Union, M. Prodi a surtout insisté sur la prospérité, la solidarité et le développement durable. En ce qui concerne la question des solidarités, il a notamment constaté que «le moment vient vite où nous devons débattre de la politique agricole commune de demain et de la politique structurelle après l'élargissement». «Nous devons nous battre ensemble pour mettre en oeuvre, dans l'Union, une économie fondée sur le développement durable. Ce concept paraît abstrait à certains. Mais pour vous les jeunes, il ne l'est pas, c'est l'expression de la solidarité entre les générations», a dit M. Prodi aux étudiants avant d'expliquer que l'Union doit aussi promouvoir une plus grande cohésion sociale. Parmi les objectifs externes, il a notamment cité la paix, la «gouvernance» et la défense du développement durable planétaire (en réitérant l'engagement de l'UE pour la mise en oeuvre du protocole de Kyoto).

«La structure actuelle de l'Union, qui abrite à la fois le pilier communautaire et des cercles intergouvernementaux, est probablement dépassée», a dit le président Prodi en plaidant longuement pour la procédure communautaire. La gestion de l'Union économique et monétaire n'est ni efficace, ni cohérente, a-t-il expliqué en réaffirmant la nécessité d'un «vrai gouvernement économique». Et de préciser que «seule la Commission, sur mandat du Conseil, peut être l'interlocuteur de la Banque centrale» puisque c'est elle qui incarne l'intérêt général communautaire. «En politique étrangère (M. Prodi a dit que pour l'instant elle «continue de balbutier») comme ailleurs, il est illusoire d'attendre des résultats d'un système intergouvernemental», a déclaré M. Prodi en réaffirmant aussi que le Haut Représentant pour la PESC serait beaucoup plus efficace s'il était membre de la Commission européenne. Dans le troisième pilier, le Parlement et la Cour de justice devraient pouvoir jouer leur rôle essentiel de gardiens des libertés publiques. Le vote, procédure normale dans un espace démocratique, doit devenir la règle, et permettre de sortir de la «paralysie» qui naît souvent de la recherche du consensus. «Pour surmonter les réticences de quelques-uns, il n'y a qu'une solution: voter», a dit le président Prodi en appelant de ses voeux «une culture majoritaire dans laquelle les décisions reflètent la volonté du plus grand nombre mais s'imposent à tous». Après avoir évoqué la Charte des droits fondamentaux qui confère à l'Union «une légitimité indispensable» et lance un processus constitutionnel européen nouveau, M. Prodi a reconnu que la répartition des compétences entre l'Union et les Etats est une «question centrale». «La réponse, à mon sens, ne doit pas seulement être recherchée en termes de compétences abstraites, dans des cloisonnements étanches ou définitifs», a-t-il poursuivi en estimant que «Nous devons moins encourager les cloisonnements, quels qu'ils soient, que permettre aux différents niveaux de décider de façon complémentaire». Notant que certains chercheront à re-nationaliser des politiques communautaires et d'autres à communautariser de nouvelles compétences, il a dit: «Pour ma part, j'entrerai dans ce débat sans arrière-pensée, en pensant au fond, et en cherchant au cas par cas, de quelle manière nous pouvons le mieux atteindre nos objectifs: par des compétences séparées ou partagées». Le contrôle de la subsidiarité doit incomber à la Cour de justice, a aussi dit M. Prodi. Insistant enfin sur la nécessité de consolider la démocratie, il a estimé que «plaquer sur la réalité communautaire des solutions nationales est une tentation mais probablement pas toute la solution». Et en soulignant l'importance du consentement à l'impôt pour l'édification d'une démocratie, il a préconisé la création d'un impôt européen.

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