Luxembourg, 29/05/2001 (Agence Europe) - Les niveaux de productivité du travail dans l'Union européenne sont, dans l'ensemble, 2,5 fois plus élevés que ceux enregistrés dans les treize pays candidats à l'adhésion (PC13), et la tendance est la même pour les niveaux de rémunération. Tels sont les principaux résultats d'une analyse de la structure de production dans les PC13 que vient de publier Eurostat. Le rapport se base sur les données relatives à la valeur ajoutée brute (VAB), à l'emploi, aux rémunérations et à la productivité de l'année 1998.
En termes de répartition de VAB par secteur, les pays candidats se différencient nettement de l'Union, avec une agriculture qui pèse quatre fois plus lourd et des services qui pèsent deux fois moins. En 1998, la part de l'agriculture allait de 2,7 % à Malte à 21,1 % en Bulgarie, contre 2,6 % en moyenne dans l'UE, et la part de l'agriculture dans l'emploi total allait de 5,5 % en République tchèque à 43 % en Turquie, contre 4,8 % dans l'Union. Eurostat souligne que la productivité du travail dans les pays candidats représente en moyenne quelque 41 % de celle de l'Union. Toutefois, des écarts sont sensibles entre pays: la Slovénie (71 % de la moyenne de l'UE), la République tchèque (58 %) et la Hongrie (58 %) sont les pays les plus productifs, dépassant parfois certains Etats membres de l'UE comme le Portugal (55 %). A l'opposé, des pays comme la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie affichent des taux de productivité du travail inférieurs à un tiers de la moyenne de l'UE (entre 25 et 32 %). Dans le secteur agricole, la productivité des pays candidats ne représente que 28 % de celle de l'UE, mais ici aussi les différences sont marquées: la Lettonie et la Pologne n'atteignent respectivement que 12 % et 13 % de la moyenne de l'Union, alors que la République tchèque et la Slovénie enregistrent des taux de 88 et 94 %. Dans les secteurs du commerce, des transports et des communications, la productivité va de 27 % de la moyenne communautaire en Bulgarie à 94 % en Turquie. Enfin, Eurostat souligne que le niveau de rémunération dans les pays candidats reflète leur faible niveau de productivité. Les salariés n'y perçoivent que 42 % de la moyenne de l'UE, les Slovènes étant les mieux lotis avec un niveau atteignant 70 %.