Bruxelles, 03/04/2001 (Agence Europe) - La plénière du Parlement européen doit procéder, ce mercredi à Strasbourg, à sa première lecture du programme d'action communautaire pour la santé publique (2001-2006). A cette occasion, elle devrait, comme le lui propose le rapport du démocrate-chrétien grec Antonios Trakatellis, apporter plusieurs amendements importants au programme présenté par la Commission européenne. Ces amendements, qui ne remettent pas en cause la compétence exclusive des Etats membres dans l'organisation du système de santé, s'inscrivent pleinement dans l'objectif d'amélioration du niveau de protection de la santé publique tel qu'il figure dans le Traité.
Le rapport Trakatellis propose la création d'un Centre de coordination et de surveillance de la santé (CCSS) qui aurait une double vocation: (1) contribuer au fonctionnement efficace du programme communautaire pour la santé publique et à la coordination de l'ensemble des actions qui en relèvent; (2) améliorer la surveillance épidémiologique à partir des données fournies par les réseaux communautaires et nationaux. Dans le cadre de cette deuxième mission, le CCSS devrait notamment élaborer des indicateurs communs de manière à rendre les données comparables. Ces informations seraient fournies à la Commission et aux Etats membres afin de permettre la formulation de stratégies, politiques et actions appropriées dans le domaine de la santé publique.
Le Parlement devrait aussi porter à 500 millions d'euros l'enveloppe financière de ce programme. Le rapport souligne que le budget de 300 millions, proposé par la Commission européenne, traduit une diminution par rapport au programme précédent et est à l'évidence insuffisant pour répondre aux objectifs ambitieux qu'il prétend servir.
Parmi les priorités du programme, le rapport Trakatellis insiste sur les grands enjeux de santé publique que représentent: - les maladies cardiovasculaires; - les troubles neuropsychiatriques; - l'oncologie; - les lésions traumatiques non intentionnelles (accidents); - la santé du nourrisson et la pédiatrie; - la santé des femmes; - les neurodégénérescences liées au vieillissement; - les différentes formes de diabète; - les maladies infectieuses et/ou sexuellement transmissibles. Il réclame également une stratégie active d'immunisation. Un amendement concerne aussi l'aide aux pays candidats à l'élargissement visant à relever le niveau de santé de la population. Dans ce contexte, le Parlement devrait en particulier proposer de renforcer les actions destinées à lutter contre la tuberculose et le sida dans l'UE et les pays d'Europe de l'Est, où le nombre de personnes reconnues séropositives au VIH a pratiquement doublé (700 000 au lieu de 420 000) en l'espace d'un an (ce chiffre fourni par le dernier rapport Onusida traduit aussi une augmentation du nombre de dépistages: NDR).