Bruxelles, 22/03/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a obtenu que les principales entreprises européennes du secteur des satellites s'engagent financièrement dans la réalisation de la deuxième phase du projet Galileo, c'est-à-dire la phase du développement du projet. Ainsi, l'une des conditions pour que cette phase soit lancée, c'est-à-dire la participation du secteur privé, est satisfaite. Dix grandes firmes représentant les fabricants de systèmes spatiaux, les fabricants d'équipements, les fournisseurs de services et les opérateurs du secteur ont souscrit un "mémorandum d'entente" comportant un engagement pour 200 millions d'euros.
La vice-présidente de la Commission, Loyola de Palacio, s'est félicitée de cette évolution et a souligné l'importance décisive du mémorandum. "L'industrie a compris la signification du projet Galileo, qui offre un marché potentiel de 9 milliards d'euros par an et devrait générer 14.000 emplois, a-t-elle déclaré. En signant le mémorandum, l'industrie a montré sa volonté de voir ce projet se concrétiser rapidement." Et elle a rappelé que Galileo aura un impact considérable sur la vie quotidienne de tous les citoyens.
Il ne manque à présent que la décision politique du Conseil pour que la "phase 2" soit lancée. Lors des délibérations ministérielles les plus récentes, certaines délégations avaient maintenu des réserves en raison justement de l'absence d'engagements du secteur privé. Cet obstacle est à présent levé, et si des réserves subsistent elles auraient alors un caractère clairement politique. Le Conseil Economie/Finance devait en discuter jeudi soir à Stockholm, et le dossier pourrait être soumis au Conseil européen qui s'ouvre ce vendredi.
L'objectif de Galileo est de doter l'Europe d'un système de radionavigation par satellite, en la libérant de la dépendance par rapport au système américain GPS et au système russe Glonass (les deux seuls à l'heure actuelle). Grâce à Galileo, chaque individu (ou navire, ou autre moyen de transport) pourra connaître sa position au mètre près, par un petit récepteur individuel bon marché. Les systèmes américain et russe sont financés et contrôlés par les autorités militaires, ce qui a comme résultat que les utilisations militaires sont prioritaires et que lors des conflits récents le GPS n'était pas totalement disponible pour les usages civils. Galileo au contraire sera exploité et contrôlé par les autorités civiles (même si certaines applications militaires restaient possibles), ce qui garantit la continuité de l'émission du signal ainsi que sa qualité.
La "phase de définition" du projet est en cours d'achèvement, grâce à un financement communautaire de 80 millions d'euros. La phase de développement s'étendra de 2001 à 2005, avec un financement public de 1,1 milliard d'euros, déjà programmé à parité dans les budgets de l'Union européenne et de l'Agence spatiale européenne. L'engagement privé ajoute 200 millions d'euros aux crédits disponibles. La phase de déploiement des satellites se situera entre 2006 et 2007, avec un financement de 2,1 milliards d'euros pris en charge pour l'essentiel par le secteur privé. La phase d'exploitation commencera en 2008, avec un coût d'exploitation et d'entretien de 220 millions d'euros par an.
L'engagement financier privé devrait faciliter le démarrage de la phase de développement. Parmi les entreprises participantes, on cite Alcatel (France), Telespazio (Italie), AENA (Espagne), Thales (France et R.U.) et des consortiums comme ITS. La mise en oeuvre du cofinancement public/privé se ferait par la mise en place d'une entreprise commune (ou d'une autre structure comparable), associant étroitement les entreprises privées au projet. Les signataires du mémorandum se réuniront en juin afin de concrétiser leurs engagements selon un calendrier. Toutefois, en l'absence de décision politique d'ici là sur le lancement de cette "phase 2", les engagements des entreprises privées deviendraient caducs; ce qui souligne l'urgence du dossier.
Si en revanche l'évolution politique est favorable en cette fin de semaine à Stockholm, le Conseil Transports devrait adopter le 5 avril une "résolution" sur la mise en oeuvre de la nouvelle phase et en même temps débloquer une première tranche budgétaire de 100 millions d'euros. Le projet d'entreprise commune serait mis au point en mai/juin, et le 27 juin le Conseil Transports pourrait définir les services offerts par Galileo et avoir un premier débat sur les statuts de l'entreprise commune. Le Parlement européen pourrait se prononcer en juillet, et les statuts seraient adoptés par le Conseil en octobre, permettant de débloquer en décembre les 450 millions d'euros restants du financement communautaire, et l'entreprise commune démarrerait au 1er janvier 2002.