Bruxelles, 22/03/2001 (Agence Europe) - Dans leurs contributions au Conseil européen de Stockholm, dont le président Prodi a constaté mercredi qu'elles correspondaient largement aux priorités énoncées dans le rapport de synthèse de la Commission (voir EUROPE du 8 février p.7), les Etats membres de l'UE reconnaissent tous la nécessité de poursuivre les réformes économiques afin de concrétiser la stratégie de Lisbonne, mais avec des nuances et parfois même des approches différentes. Ainsi, certains Etats membres insistent particulièrement sur des progrès dès 2001 sur le dossier de la fiscalité (comme l'Allemagne), d'autres sur la mise en place d'un véritable marché européen des capitaux dès la mi-2002 (comme le R.-U.), d'autres encore voudraient que les Grandes orientations de politique économique jouent à l'avenir un rôle nettement plus important (comme la France). Mais le problème sur lequel risque de se focaliser la discussion à Stockholm est celui de la libéralisation des marchés de l'énergie. Des pays comme le R.-U. et l'Espagne sont en effet favorables à une pleine libéralisation de ces marchés d'ici 2003, alors que l'Allemagne et les P.-B. proposent 2004, et que la France considère prématurée la fixation de dates contraignantes (et au Sommet de mardi soir au Palatinat le chancelier Schröder a dit pouvoir partager cette approche: voir EUROPE d'hier, p.4).
Par ailleurs, les Etats membres insistent plus particulièrement sur les priorités suivantes:
1) emploi et nouveaux marchés du travail européens: la mobilité de la main-d'oeuvre doit être débattue lors du Sommet de Laeken fin 2001, estiment les Pays-Bas, tandis que l'Italie souhaite l'adoption de la recommandation relative à la suppression des obstacles à la mobilité des étudiants, des personnes en formation, des enseignants, des jeunes volontaires et des formateurs en juin 2001. Les Pays-Bas et l'Allemagne souhaitent en 2002 une réforme des systèmes de sécurité sociale, le Royaume-Uni et les Pays-Bas demandent l'instauration d'indicateurs en matière d'emploi et de cohésion sociale durant l'année 2001. Quant au taux d'emploi, l'Italie demande d'établir des taux intermédiaires d'emploi pour 2005 (de 65% pour l'ensemble de la population et de 55% pour les femmes). L'Italie souhaite, par ailleurs, des propositions sur la modernisation de la sécurité sociale des travailleurs migrants d'ici 2002 et l'établissement d'une carte de sécurité sociale fin 2001, alors que les Pays-Bas demandent l'adoption d'une directive sur le financement des régimes de retraite en 2002. Pour sa part, la Belgique annonce qu'elle visera, au sommet de Laeken en décembre prochain, à introduire un nouvel indicateur "qualité du travail", qui pourra s'ajouter aux 35 indicateurs discutés à Nice, ou en remplacer un, et la France serait également favorable à des indicateurs sur la qualité du travail (fondés par exemple sur les conditions d'égalité femmes/hommes, la conciliation de la vie professionnelle et familiale, la consultation et participation des travailleurs) à intégrer dans les lignes directrices pour l'emploi pour 2002;
2) marchés des services financiers: le R.-U. demande l'établissement d'objectifs pour leur intégration en 2002, le Danemark, l'Irlande et l'Espagne estiment que le Sommet de Stockholm devrait mettre en oeuvre des plans d'action pour les services financiers et du capital-risque respectivement en 2004 et 2002;
3) société de l'information: l'Irlande souhaite la mise en ouvre du plan d'action e-Europe en 2002, et l'Italie demande que le Sommet de Stockholm appuie l'idée de mettre en place un e-gouvernement dans le cadre du plan d'action e-Europe, donc aussi en 2002;
4) recherche et innovation: l'Irlande et les Pays-Bas demandent que soit développé en 2001 un espace européen de recherche et d'innovation et qu'en 2003 soient levés les obstacles à l'embauche de talents venant de l'étranger.
Outre les contributions de chaque Etat membre au sommet, il y a eu aussi des initiatives bilatérales, comme: - un document italo-britannique sur les PME, identifiant la nécessité d'agir notamment en matière de financement et de développement du commerce électronique; - une lettre des premiers ministres irlandais et britannique Tony Blair et Bertie Ahern; - une déclaration commune des premiers ministres britannique et néerlandais Tony Blair et Wim Kok.