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Bulletin Quotidien Europe N° 7926
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/balkans

Rapport intérimaire de M. Solana sur l'action de l'Union européenne en Serbie du sud

Bruxelles, 19/03/2001 (Agence Europe) - Avant son départ pour Skopje, le Haut Représentant de l'UE pour la Pesc, Javier Solana, a présenté au Conseil de l'UE, lundi à Bruxelles, un rapport intérimaire définissant la ligne d'action que l'UE devrait suivre dans le sud de la Serbie. Dans ce rapport demandé par le dernier Conseil Affaires générales, M. Solana insiste sur la nécessité d'agir rapidement pour soutenir les efforts des forces modérées du côté serbe et albanais, notamment par un soutien économique immédiat et en luttant contre les activités criminelles albanaises. Dans la ligne des conclusions adoptées par le Conseil, M. Solana insiste aussi sur le respect des frontières de l'ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym).

Javier Solana souligne que les situations dans la vallée du Presevo, dans le sud de la Serbie, au Kosovo et dans l'Arym doivent être traitées selon « leurs mérites propres », car « traiter ce triangle d'ethnie albanaise comme un tout serait dans l'intérêt des extrémistes ». Selon lui, l'UE ne doit pas manquer la « fenêtre d'opportunité » que représente la volonté des autorités serbes de poursuivre sur la voie de la modération et l'intérêt pour la négociation manifesté par les leaders albanais, « y compris les groupes armés ». En effet, affrime-t-il, "une contribution solide et rapide de la communauté internationale est cruciale pour faire avancer le processus ». Autrement dit, « une action internationale insuffisante augmenterait les risques d'escalade, avec des conséquences potentielles graves pour la stabilité dans la région. Il est temps de mettre en pratique la prévention des conflits, en créant les conditions pour que le processus de dialogue se développe avec succès ».

Dans ce contexte, les objectifs européens doivent être les suivants, indique Javier Solana: 1) consolider les nouvelles autorités à Belgrade; 2) encourager la ligne modérée; 3) soutenir leurs efforts pour s'attaquer à un "héritage de discrimination et sous-développement" dans le sud de la Serbie et pour réintégrer la population albanaise dans le tissus social de la nouvelle Rfy démocratique; 4) soutenir les leaders albanais modérés; 5) prévenir la contagion au Kosovo et dans l'Arym; 6) renforcer la coopération entre l'UE et l'OTAN dans la région; 7) renforcer la capacité de l'UE à répondre à ce genre de situation de manière pro-active.

L'UE doit insister dans ses contacts avec Belgrade sur « l'unité de la communauté internationale et souligner que le problème du sud de la Serbie sera réglé par une approche incluant différents acteurs » remarque M. Solana en soulignant que « des points de vue divergents semblent co-exister à Belgrade sur le rôle de l'OSCE, de l'OTAN, etc. ». Dans ses contacts avec les leaders albanais, l'UE doit également « réaffirmer l'intégrité du territoire de l'Arym et souligner auprès des leaders kosovars que l'important engagement de la Communauté internationale au Kosovo ne doit pas être considéré comme acquis".

Le Haut Représentant rappelle qu'il a demandé de porter graduellement la mission d'observateurs de l'UE au sud de la Serbie jusqu'à 30 personnes, sur la base du mandat défini en décembre 2000. Il note que le projet d'accord entre l'UE et Belgrade stipule que la partie hôte « prendra toutes les mesures nécessaires » pour la protection et la sécurité de cette mission, et que l'OTAN s'est engagée la semaine dernière à assurer le même niveau de protection pour les observateurs que pour les membres de la KFOR.

Afin de faciliter un dialogue sur les droits politiques de la communauté albanaise et sur la mise en place de mesures de confiance, l'UE et la communauté internationale doivent soutenir efficacement les aspects économiques du plan Covic, estime Javier Solana. « Une mise en œuvre rapide et efficace des projets est cruciale pour montrer aux parties les effets directs d'une approche négociée », écrit-il. L'aide européenne devrait se concentrer sur les « services publics, le renforcement des capacités des administrations locales, l'agriculture et l'énergie », l'aide bilatérale des Etats membres sur des projets aux résultats immédiatement tangibles comme le rétablissement des lignes de téléphone et de l'accès à des sources d'eau potable. L'expérience de l'OSCE pourrait être mise à profit pour constituer une force de police multiethnique (« un secteur clef sur lequel il faut se concentrer »), avec un soutien financier et en termes de ressources humaines de l'UE et de ses Etats membres.

En conclusion, M. Solana insiste sur le soutien aux autorités serbes dans la lutte contre la contrebande et autres activités criminelles », « très répandues dans le sud de la Serbie ». « Les groupes armés albanais sont régulièrement engagés dans de telles activités. Le trafic, notamment d'armes, à travers les frontières administratives du Kosovo est particulièrement préoccupant », souligne M. Solana.

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