Bruxelles, 07/03/2001 (Agence Europe) - Contribuer à concilier commerce et développement dans le cadre de la mondialisation. Tel est, en substance, l'objectif du premier d'une série de séminaires organisés autour du thème "développement soutenable et pauvreté" que viennent de lancer, le 6 mars à Bruxelles, la Banque mondiale et The European Policy Centre (EPC). Etaient notamment présents à cette première, Pascal Lamy, Commissaire européen chargé du commerce, Gun-Britt Anderson, présidente du Conseil Développement de l'UE et Uri Dadush, de la Banque mondiale.
A l'issue du séminaire de ce mardi, organisé avec le soutien de la présidence suédoise de l'UE, Gun-Britt Anderson a rappelé que c'est grâce à sa foi historique dans le libre-échange que la Suède, petit pays, affichait un poids respectable sur la scène mondiale en termes de revenus. Dans la foulée, Pascal Lamy a affirmé qu'il importait que le commerce n'apparaisse pas comme "une force maligne". C'est d'ailleurs là toute la philosophie de l'initiative de la Commission européenne "Tout sauf les armes", qui a été évoquée à maintes reprises mardi. Faisant remarquer que les pauvres doivent eux aussi tirer un bénéfice de la mondialisation, M. Lamy a estimé qu'il incombait à la Commission et à l'UE d'assurer la cohérence des politiques du commerce et du développement pour y parvenir et que dans le contexte de la mondialisation, des règles s'imposent, raison pour laquelle il a plaidé encore une fois en faveur de l'ouverture d'un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales. Des propos qui mettront un peu de baume dans le coeur de Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies qui, dans une récente interview au Financial Times, déclarait que les grands pays industrialisés, et en particulier les Etats-Unis, devraient suivre l'exemple de l'Union européenne.
Uri Dadush a souligné que l'ouverture au commerce avait été un soutien puissant de la croissance rapide d'un tiers des pays en développement au cours de la décennie écoulée, et qu'une réduction sensible de la pauvreté pouvait indubitablement être associée à un telle croissance. Cependant, il a admis que parmi les pays qui se sont rapidement adaptés à la mondialisation, l'inégalité des revenus avait augmenté en Chine, alors qu'elle se réduisait dans des pays comme la Thaïlande, la Malaisie et le Costa Rica. M. Dadush a estimé que les segments les plus pauvres de la population devaient faire l'objet d'une attention particulière, bien qu'il ne soit pas prouvé qu'ils soient nécessairement les plus affectés par ce processus. La réponse à ce problème, a-t-il conclu, n'est pas d'éviter ou de différer la réforme du commerce mondial, mais plutôt de mettre en oeuvre des politiques compensatoires permettant d'en alléger l'impact sur les plus pauvres.