Bruxelles, 21/02/2001 (Agence Europe) - Les six priorités politiques de la Commission européenne en 2002 seront "l'euro, le développement durable, la gouvernance en Europe, l'élargissement, la Méditerranée, la coopération au développement", a annoncé le Collège des Commissaires en adoptant mercredi sa "stratégie politique annuelle pour 2002", qui devrait guider à la fois l'élaboration de ses propositions budgétaires pour 2002, qui seront présentées en mai (voir ci-dessous), et son programme de travail pour 2002, qui sera présenté à la fin de l'année.
Cette décision montre que la Commission "a une vision claire des priorités politiques de l'Union, et (…) établit un lien direct entre ses priorités politiques et les ressources nécessaires pour les faire progresser", a estimé Romano Prodi. "Nous nous proposons de prendre trois mesures importantes en faveur de l'intégration dans les domaines économique, social et politique", a-t-il précisé. Dans le domaine économique, la priorité sera que "l'introduction des billets et des pièces en euro soit un succès". La Commission "proposera également des mesures visant à renforcer la coordination des politiques économiques". Dans le domaine social, la Commission annonce la poursuite "d'un programme de développement durable qui réponde directement aux préoccupations des citoyens en matière d'emploi, d'environnement, de sécurité alimentaire, d'exclusion sociale et de pauvreté". Dans le domaine politique, le président de la Commission a mis en avant "l'importance que les institutions d'une Europe élargie soient légitimes, transparentes et efficaces", en soulignant que la nouvelle gouvernance européenne est une de ses "priorités personnelles". La Commission entend aussi "soutenir le développement de l'Union par une politique cohérente d'établissement de liens forts avec les régions et les pays voisins" tandis que "les préparations concernant l'élargissement resteront toujours une priorité centrale de cette Commission", qui va "redoubler d'efforts pour aider les Etats candidats à se préparer à l'adhésion" tout en "surveillant comment ils mettent en œuvre l'acquis". Par ailleurs, la Commission "tentera de relancer le processus de Barcelone pour établir des liens plus forts avec nos voisins de la Méditerranée". Enfin, dans le cadre de la stratégie de lutte contre la pauvreté dans le monde, la Commission "concentrera son action autour des mesures en matière de santé et d'éducation".
La crise de l'ESB au cœur des débats sur le budget 2002
"Le budget 2002 devra relever deux défis, les priorités politiques fixées par la Commission et les défis budgétaires comme la crise de l'ESB", a déclaré la Commissaire au budget, Michaele Schreyer, en présentant mercredi les priorités budgétaires pour 2002, qui suivent et appliquent les priorités politiques, au cours d'une conférence de presse consacrée essentiellement aux conséquences financières de la crise de l'ESB. La Commissaire a estimé que les mesures complémentaires prévues par "le programme en sept points de la Commission contre l'ESB" présenté le 13 février, "pourront être financées en 2001 par des économies "dans le secteur de la viande bovine (subventions à l'exportation, notamment) et à partir d'économies possibles dans d'autres secteurs" des dépenses agricoles. Pour 2002, la dépense supplémentaire de 1,1 milliard d'euros serait "couverte dans le volume des dépenses agricoles". Mais Mme Schreyer a averti que, en fonction de l'évolution de la crise de l'ESB, "il se pourrait que l'avant-projet de budget de mai doive proposer des mesures d'économie dans d'autres secteurs des dépenses agricoles". La Commissaire a dit qu'elle attendait de voir les réactions du Conseil Agriculture face aux économies qui seraient nécessaires en matière agricole, et n'a pas exclu que l'on puise dans d'autres rubriques du budget pour financer la crise de l'ESB.
De manière générale, les prévisions de la Commission sont basées sur le cadre établi par les perspectives financières, a souligné la Commissaire. "L'Agenda 2000 permet une augmentation maximale de 2,9% par rapport au budget 2001" pour un total maximum, en crédits d'engagement, de 99,8 milliards d'euros. Les taux d'augmentation possibles sont différents selon les rubriques du budget. Pour l'agriculture, les fonds structurels et la pré-adhésion, la Commission "envisage d'aller jusqu'aux plafonds de Berlin". Pour les politiques internes et externes, "les programmes pluriannuels et les contraintes font que l'augmentation par rapport à l'année précédente est faible et que des réserves pour faire face aux situations imprévues sont maintenues". Indiquée dans les priorités politiques, la Méditerranée fera l'objet d'une attention particulière, en termes de personnel nécessaire pour mener à bien les projets, a souligné la Commissaire. Pour les dépenses administratives, "la marge de manœuvre est proportionnellement la plus importante notamment parce que les besoins des autres institutions ne sont pas encore connus". Michaele Schreyer a confirmé que la Commission allait demander 317 postes supplémentaires pour son Administration en 2002.
Le Parlement européen aura un débat sur les priorités budgétaires en mars, et le Conseil Ecofin mènera également en mars un débat sur ces priorités, débat dont la Commissaire a espéré qu'il sera détaillé et substantiel.