Bruxelles, 21/02/2001 (Agence Europe) - Le lancement de l'Année européenne des langues, le 19 février à Lund (Suède), aura été l'occasion pour diverses personnalités de l'UE de s'exprimer sur l'importance de la connaissance d'une seconde, voire d'une troisième langue, dans la société actuelle. C'est aussi le moment qu'a choisi la Commission européenne pour publier une édition spéciale de l'Eurobaromètre qui fait le point sur les connaissances linguistiques des Européens, leurs opinions sur l'utilité et le désir de parler d'autres langues et les moyens d'apprentissage dans les différents Etats membres.
L'Eurobaromètre révèle, sans surprise il est vrai, que l'anglais arrive largement en tête des langues étrangères parlées par les Européens après leur langue maternelle: 41 % des personnes interrogées disent le parler, plus que le français (19 %), l'allemand (10 %) et l'espagnol (7 %). Reste que la proportion d'Européens ne parlant aucune autre langue que leur langue maternelle est de 47 %, une moyenne qui cache d'importantes disparités entre le Luxembourg (seulement 2 % des Luxembourgeois ne parlent que leur langue maternelle) et le Royaume-Uni (66 % des Britanniques ne parlent que l'anglais). En Suède, aux Pays-Bas et au Danemark, ceux qui ne sont pas capables de s'exprimer dans une autre langue sont moins de 15% du total, alors que c'est le cas de plus de la moitié des Portugais, des Espagnols et des Français.
Par ailleurs, 74 % des Européens ne parlent pas de deuxième langue étrangère et 92 % de troisième langue. Pourtant, une partie importante des personnes interrogées (71 %) juge que chacun devrait connaître une langue étrangère, les moins convaincus étant les Allemands et les Autrichiens, alors que les plus convaincus sont les Luxembourgeois et les Grecs.
Les Européens apprennent principalement les langues étrangères à l'école secondaire (59 %), l'apprentissage dans le milieu professionnel étant très faible (17 %), surtout dans des pays comme le Portugal et la France. Les Etats membres où la première langue étrangère est souvent apprise dès l'école primaire sont l'Irlande, le Luxembourg et l'Autriche. Les raisons qui découragent les citoyens européens d'apprendre une langue étrangère sont le manque de temps (34 %) et l'absence de motivation (31 %), découragement souvent renforcé par le coût des formations linguistiques. Pour 47 % des Européens, l'élargissement de l'UE ne doit pas conduire à une langue de communication commune, mais pour 38 % d'entre eux, ce sera inévitable.
Commentant les résultats de ce sondage depuis Lund, où vient de s'ouvrir l'Année européenne des langues (voir EUROPE des 19/20 février, p. 15), Viviane Reding, Commissaire européenne chargée de l'éducation et de la culture, a estimé qu'ils étaient "encourageants (...) même si beaucoup de travail doit encore être accompli pour qu'à terme tout jeune Européen quittant le système scolaire parle deux langues en plus que sa langue maternelle", ce qui, a-t-elle ajouté, "nécessite à l'évidence un effort accru dans nos Etats membres". Egalement présent à Lund, Thomas Östros, Président du Conseil Education de l'UE, a estimé que la réalisation de l'objectif de Lisbonne visant à faire de l'UE l'économie socialement homogène la plus dynamique du monde à l'horizon 2010 suppose une plus grande mobilité des étudiants, des enseignants, des chercheurs et d'autres catégories professionnelles, mobilité qui ne pourra devenir réalité qu'à travers une amélioration des performances linguistiques. Enfin, Walter Schwimmer, secrétaire général du Conseil de l'Europe, a estimé que les compétences linguistiques sont une composante nécessaire de la citoyenneté démocratique en Europe.