Bruxelles, 15/02/2001 (Agence Europe) - La relance de l'aide européenne à la Côte d'Ivoire, actuellement limitée à la mise en œuvre des programmes en cours sans nouveau financement, dépendra de la réalité des assurances données, ce jeudi à Bruxelles, par une délégation ivoirienne lors des consultations qui ont repris au titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou, "dans un esprit ouvert et constructif", selon une source européenne. En réponse aux préoccupations de l'Union concernant l'exclusion d'un parti politique lors des dernières élections législatives et présidentielles et les violations des droits de l'homme qui ont entouré ces élections au mépris des assurances données précédemment, la délégation ivoirienne, composée du Premier ministre Affi N'Guessan, accompagné du ministre des Finances, M. Bouabre, et du ministre de la Justice, M. Oulai, a pris les engagements suivants: a) remédier à ces problèmes et faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir que les élections locales en mars soient ouvertes à tous les partis politiques ; b) garantir l'indépendance et la neutralité des autorités judiciaires; c) œuvrer au travail effectif et efficace du comité de réconciliation ; d) donner la priorité à la conduite d'investigations approfondies sur les atrocités commises pendant la période transitoire, y compris sous le régime militaire ; e) garantir la neutralité des forces armées et le respect des droits de l'homme ; f) garantir la liberté d'expression et de la presse; g) condamner publiquement les déclarations xénophobes et adopter les procédures administratives concernant la citoyenneté et la résidence; h) reprendre le dialogue avec tous les partis politiques. L'UE a pris note de ces engagements et poursuivra un dialogue intensif avec les autorités ivoiriennes pour analyser la situation.
EUROPE rappelle que les consultations, entamées en février 2000 (au titre de l'article 366 bis de la Convention de Lomé) après le coup d'Etat du 24 décembre condamné par l'Union, avaient été conclues par une promesse européenne de reprise conditionnelle de la coopération au vu des progrès réalisés par les autorités ivoiriennes dans la restauration de la démocratie et conformes aux assurances données par le gouvernement de transition. La délégation ivoirienne sera reçue ce vendredi par le commissaire au Développement Poul Nielson.