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Bulletin Quotidien Europe N° 7888
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/colombie

Le président Pastrana appelle l'UE à une contribution financière plus substantielle en faveur du processus de paix - Le PE adoptera une résolution sur la Colombie la semaine prochaine

Bruxelles, 24/01/2001 (Agence Europe) - Le président colombien Andrés Pastrana, rencontrera ce jeudi à Stockholm le Premier ministre suédois et président du Conseil européen, Göran Persson. Selon des sources européennes, la Présidence suédoise devrait plaider à cette occasion afin que le gouvernement prolonge au-delà du 31 janvier l'existence d'une zone démilitarisée au sud du pays, afin de faciliter la reprise des négociations de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Dans une déclaration de la Présidence suédoise publiée à Bogota la semaine dernière, l'UE affirmait "ses préoccupations après la reprise du conflit armé en Colombie" et appelait le gouvernement à maintenir cette zone de 42.000 km². "L'UE réitère sa volonté de soutenir une solution pacifique au conflit", précisait la déclaration.

Lors de son passage à Paris au début de la semaine, le président Pastrana a appelé de son côté l'UE à accroître son soutien au processus de paix et de lutte contre le narcotrafic engagé depuis octobre 1999 en Colombie. "Presque 5 des 7,5 milliards de dollars du plan sont fournis par les Colombiens, et il n'est pas exagéré d'attendre de l'Europe une contribution de 700 millions de dollars dans les prochaines années", a-t-il déclaré devant la presse, en ajoutant: "Je pense que cela n'est pas énorme face au problème du trafic de stupéfiants qui nous affecte tous".

L'UE devrait préciser le volume total de son aide au plan lors de la réunion du "groupe de soutien au processus de paix en Colombie" qui devrait se tenir fin mars-début avril à Bruxelles. En octobre dernier, la Commission européenne avait annoncé une aide de 105 millions d'euros sur la période 2000-2006 (voir EUROPE du 19 octobre p.15), à laquelle s'ajoutent les contributions des Etats membres.

Puisque la majorité des Etats membres hormis le Royaume-Uni et l'Espagne critiquent le volet militaire du "plan Colombie", l'UE avait précisé dans une déclaration que son aide serait allouée selon ses "propres priorités", en insistant sur le volet social du processus de paix et la défense des droits de l'homme (voir EUROPE du 27 octobre p.3 et du 28 octobre p.15). "Aux yeux de l'UE, il n'y a pas d'alternative au processus de paix. Il n'y a pas de solution militaire qui puisse conduire à une paix durable", indiquait la déclaration du Conseil.

"Je crois que les Européens ont perçu le plan comme un plan exclusivement militariste et très américain, ce qui est inexact", a assuré le président Pastrana dans une interview au Monde du 23 janvier. "80% du plan est consacré aux problèmes sociaux et seulement 20% aux aspects militaires", a-t-il martelé au cours de sa visite à Paris.

Le Parlement appelle l'UE à poursuivre son appui au volet social du processus de paix

Le Parlement européen se prononcera sur une résolution consacrée au processus de paix en Colombie, lors de sa session plénière des 31 janvier et 1er février à Bruxelles. La proposition de résolution adoptée par la commission du développement du PE le 9 janvier (et sur laquelle les députés du PPE se sont abstenus) réaffirme "le soutien sans réserve" du PE au processus de paix et appelle les FARC "à reprendre le dialogue et à poursuivre les négociations de paix". Elle appelle par ailleurs l'UE a obéir à sa "stratégie propre" et non à un "plan militaire étasunien nébuleux", et se félicite à cet égard de la déclaration de l'UE d'octobre dernier. Le texte insiste en outre sur le problème des terres à l'origine des violences et plaide pour une "meilleure répartition de la richesse" et un "véritable processus de réforme agraire" en Colombie. Enfin, il "estime que la lutte contre l'impunité et les groupes paramilitaires constitue une condition sine qua non du rétablissement de la crédibilité de l'état de droit" en Colombie.

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