Bruxelles, 24/01/2001 (Agence Europe) - La Suède compte profiter de sa présidence du Conseil de l'UE pour s'attaquer à ce qui lui semble être le problème de base du processus de Barcelone: la perception qu'en ont les décideurs et l'opinion. Dans un document adopté le 22 janvier à Bruxelles, elle affirme que c'est seulement si l'on développe cette perception que le processus pourra réaliser son véritable potentiel. On retiendra, pour l'essentiel, quatre suggestions: - renforcer les modalités de travail; - mettre l'accent dans le volet politique et sur le respect des droits de l'homme et la démocratie; - réunir, pour la première fois, les ministres du Commerce des vingt sept pays engagés dans le processus euro-méditerranéen; - donner un contenu plus concret au volet des aspects humains (culture, social, migrations, etc.).
Ce document, présenté en application de la « stratégie commune à l'égard de la région méditerranéenne » adoptée par le Conseil européen de Feira, en juin 2000, marque la volonté de la Présidence suédoise d'imprimer un nouvel élan au processus et, dans ce contexte, d'accorder au Comité de Barcelone (comité permanent de suivi composé de hauts fonctionnaires) un « rôle plus stratégique » et de lui permettre d'avoir désormais des discussions ciblées sur des questions d'actualité dans les trois domaines couverts par le dialogue euro-méditerranéen, et notamment sur les aspects politiques. Ainsi:
A. volet politique: la Suède entend élargir le dialogue politique au niveau des hauts fonctionnaires en ajoutant à l'ordre du jour de leurs réunions la situation des droits de l'homme, la démocratie, l'État de droit et la bonne gestion des affaires publiques. Elle compte poursuivre l'examen du projet de Charte pour la paix et la stabilité qu'elle conçoit comme un « accord-cadre évolutif, juridiquement non contraignant », un simple « instrument politique » permettant d'assurer la « mise en œuvre progressive » des principes retenus dans le Charte de Barcelone. Elle compte également insérer dans les discussions le thème de la prévention des conflits.
B. volet économique et financier: la présidence propose d'organiser le 28 mai en Suède la première réunion euro-méditerranéenne consacrée au commerce afin de « donner un élan » au processus de libre-échange prévu dans la déclaration de Barcelone. Une réunion des hauts fonctionnaires consacrée à l'environnement est annoncée. L'attention se focalisera aussi sur le dossier de la gestion de l'eau, dont la présidence souligne « l'importance stratégique ».
C. volet culturel, social et humain: la présidence marque sa volonté de promouvoir ce volet, qu'elle considère négligé jusqu'ici. Ainsi, en faisant valoir son expérience passée (conférence européenne sur l'Islam à Stockholm en 1995 notamment), elle souhaite l'ouverture sous son égide d'un « dialogue entre cultures et civilisations ». Elle suggère aussi la mise en place d'un programme régional sur les politiques de formation et propose d'élargir le champ couvert par ce volet au domaine de la justice et des affaires intérieures. Un séminaire sur le thème « accès à la justice » sera organisé à Upsala le 26 avril prochain.