Bruxelles, 20/12/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne se refuse à tout commentaire sur l'affaire des fraudes éventuelles sur les aides européennes au lin espagnol, affaire qui est revenue sur le devant de la scène avec les révélations dans la presse espagnole sur le rapport transmis mardi par le parquet anti-corruption espagnol à l'Office européen de lutte antifraude (Olaf). "La justice doit suivre son cours, et la Commission ne fera pas de commentaire pour ne pas interférer dans le travail de l'Olaf qui est indépendant pour ses enquêtes", a déclaré en substance un porte-parole de la Commission interrogé parce qu'il s'agirait de fraudes ou détriment du budget communautaire, mais aussi parce que la vice-présidente de la Commission, Loyola de Palacio, était à l'époque ministre de l'Agriculture en Espagne. Une fois que l'Olaf aura établi un rapport définitif, la Commission en "tirera les conséquences", notamment en vue d'un éventuel remboursement
des sommes qui auraient été indûment perçues. Ce rapport devrait être prêt "au début de l'année prochaine", déclare l'Olaf, qui, par ailleurs, se borne à indiquer que ses propres constatations sont semblables à celles du rapport du parquet anti-corruption espagnol.
Selon la presse de ce pays, le rapport dénonce "une fraude généralisée" portant sur les aides européennes à la production et la transformation du lin. "Toutes les quantités déclarées, et donc subventionnées n'ont pas été transformées", pourrait-on lire dans le rapport. "L'affaire du lin" avait occupé une bonne partie de l'audition de Loyola de Palacio, alors "candidate" au poste de commissaire, devant le Parlement européen, en septembre 1999. Au cours de cette audition, Loyola de Palacio avait rappelé que la commission du Parlement espagnol chargée de cette enquête avait conclu qu'aucune responsabilité politique ne pouvait lui être imputée dans cette affaire.
La Commission n'aurait d'ailleurs pas encore reçu copie du rapport espagnol, a déclaré un porte-parole.