Nice, 08/12/2000 (Agence Europe) - Le Conseil européen de Nice a inclus, dans ses Conclusions sur tous les thèmes discutés à l'exception de la réforme institutionnelle, un passage sur la politique européenne commune de sécurité et défense (Pesd) qui se limite à deux paragraphes, et qui est donc nettement plus court que le projet présenté au départ par la présidence (presque deux pages).
Le ministre français aux affaires européennes, Pierre Moscovici, a expliqué vendredi à la presse que les chefs d'Etat et de gouvernement avaient choisi une « option extrêmement simple, simplifiée à l'extrême », en décidant de reprendre le rapport sur la Pesd adopté par le Conseil Affaires générales « plutôt que de le commenter ». La reprise intégrale de ce rapport confirme toutes les avancées réalisées dans ce domaine depuis le sommet (franco-britannique) de Saint-Malo, a affirmé M. Moscovici, qui a ajouté: nous avons simplifié ces conclusions notamment à la demande du premier ministre britannique, car le texte initial « délayait un peu le rapport du Conseil Affaires générales sans y apporter des éléments nouveaux, et était plutôt une source de controverses ». La délégation britannique était « assez demandeuse » à ce sujet, et nous avons préféré en tenir compte, car c'était « plus commode que de faire un travail d'amendement » à ce texte, et parce que cela nous évite des « querelles sémantiques parfois contre-productives ».
Le texte tel qu'il reste (et que nous publierons intégralement avec les Conclusions du sommet) se borne pratiquement à indiquer que l'objectif est que l'UE soit rapidement opérationnelle dans ce domaine, et qu'une décision à cet effet sera prise par le Conseil européen le plus tôt possible au cours de l'année 2001 et, au plus tard, au Conseil européen de Laeken (en décembre, sous présidence belge). La Présidence suédoise présentera un rapport sur ces questions au sommet de Göteborg en juin 2001.
Parmi les passages effacés du texte initial, un affirmait que l'Union européenne disposera d'une « capacité autonome » de prendre des décisions et de lancer et conduire des opérations de gestion de crise là où l'Otan n'est pas engagée en tant que telle, et un autre indiquait que des mécanismes de décision efficaces permettront à l'UE de gérer, sous l'autorité du Conseil, des crises internationales, « par essences globales ». Le projet de texte affirmait que deux critères fondamentaux guidaient l'UE dans cette entreprise, « crédibilité et autonomie de décision ». D'autres points insistaient en revanche sur l'ouverture de la démarche de l'Union européenne à l'égard des pays candidats et des alliés européens de l'Otan non membres de l'UE, qui seraient consultés et associés de la manière la plus large possible aux actions entreprises par l'Union, et sur la relation « étroite et confiante » que l'UE veut développer avec l'Alliance atlantique, qui « reste le fondement de la défense collective de ses membres ».
Lors de sa conférence de presse de vendredi après-midi, à la question de savoir s'il était « à 100% content » des conclusions du Sommet en ce qui concerne l'Europe de la défense, même si la référence à l'"autonomie" de l'UE n'y figure plus, Jacques Chirac a dit: « Oui », en particulier parce que c'était « un tour de force » que d'être parvenus à un tel résultat, si l'on se souvient que la France, il y a deux ans, était « tout à fait isolée » sur ces questions. Depuis, « nous nous sommes entendus avec nos amis britanniques, il y a eu Saint-Malo, et ces développements se font « en parfaite harmonie avec l'Alliance atlantique », a affirmé le président de la République française. L'Otan demeure le fondement de la défense collective des alliés, et l'identité européenne de défense est « un complément » pour l'Alliance, et « ne l'affaiblit pas », a répété Jacques Chirac. L'essentiel, a-t-il dit, c'est que l'Union européenne soit « capable de gérer des crises lorsque ses propres intérêts sont en jeu », et pour le faire, elle doit disposer de capacités opérationnelles, civiles et militaires.