Bruxelles, 08/12/2000 (Agence Europe) - L'Union et les pays du Sud-Est Asiatique (Asean) tiendront une réunion au niveau ministériel, lundi 11 et mardi 12 décembre à Ventiane au Laos, en présence de quatorze ministres (dont seulement quatre européens) et aucun des deux commissaires en charge des relations extérieures. Cette rencontre, la première depuis 1997, s'annonce plus symbolique que substantielle, en marquant surtout la reprise du dialogue ministériel qui avait été suspendu suite au refus des Européens de siéger avec la Birmanie.
Les chefs de la diplomatie d'Allemagne Joschka Fischer, de Belgique, Louis Michel, de Finlande Erki Tuomioja et de Luxembourg Lydie Polfer ont confirmé leur présence aux côtés de leurs homologues de l'Asean, qui compte désormais dix membres après les accessions successives de la Birmanie, du Laos et du Cambodge. La Commission européenne sera représentée par le responsable de la planification à la Direction générale des relations extérieures, Gérard Depayre et la Présidence française du Conseil, par le ministre délégué à la coopération Charles Josselin. Les autres Etats membres enverront des vice-ministres ou secrétaires d'Etat (Pays-Bas, Royaume-Uni, Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Suède) ou encore des hauts fonctionnaires (Autriche, Danemark, Espagne).
Ce faible niveau de représentation est "normal pour ce type de réunion", qui se situe de surcroît au lendemain du Sommet européen de Nice, souligne-t-on à Bruxelles. Certains pays asiatiques s'en étaient inquiétés, mettant en doute l'opportunité de tenir la réunion, durant le processus de préparation qui a achoppé également sur des questions telles que l'accès limité prévu par les autorités laotiennes pour la presse étrangère. "Nous espérons que ce problème sera réglé", soulignait un diplomate européen. Pour ce qui est de la Birmanie, l'Asean avait posé la participation de leur partenaire comme condition sine qua non de la rencontre avec l'Union. "Nous avons accepté d'avoir un dialogue politique pour mieux engager le débat", a-t-on expliqué à Bruxelles. La question birmane sera évoquée par les Européens pendant la réunion et pourrait être mentionnée dans la déclaration finale - mais, s'interrogeait-on, "jusqu'à point et en quels termes?". L'Union devrait en tout cas annoncer "la disponibilité de la troïka présidentielle (Portugal, France, Suède) à se rendre en Birmanie". Par ailleurs, elle espère, entre autres, pouvoir lancer de Ventiane un appel commun en faveur du lancement d'un cycle commercial multilatéral "le plus tôt possible" sur la base d'un agenda "large et équilibré".