Bruxelles, 01/12/2000 (Agence Europe) - Le Conseil européen de Nice est le sommet européen le plus important depuis Maastricht, car ses participants "sont les leaders qui ont le privilège" de créer la possibilité d'unifier toute l'Europe; pour la France, "c'est une question de carpe diem, ils doivent saisir ce moment", a dit devant quelques journalistes le président du groupe libéral au PE, Pat Cox. Pour cette raison, "le défi de Prodi" (à la Présidence française: voir EUROPE d'hier, p.4) était "brillant", "un magnifique morceau de chirurgie politique", a estimé M. Cox, qui a incité les leaders de l'UE à ne pas laisser les égoïsmes nationaux dicter leur comportement et à ne pas perdre de vue la "vision d'ensemble" ("the big picture").
Sur le fond, Pat Cox est d'accord avec M. Prodi aussi sur la double majorité au Conseil, un système "relativement peu compliqué et hautement démocratique". Quant à la Commission, si on décide un plafonnement différé, M. Cox préfère qu'on l'envisage lorsque l'UE aura atteint 27 membres, et pas seulement 25, pour ne pas "décrocher" la Bulgarie et la Roumanie des "douze d'Helsinki". Quant à l'extension de la majorité qualifiée, il a précisé: - politique commerciale. Oui à la majorité qualifiée, mais avec des "cheks and balances", à savoir l'avis conforme du Parlement européen. M. Cox comprend les craintes de la France pour l'aspect culturel, mais pense qu'un négociateur "rusé" comme Pascal Lamy saura y penser, même si cela n'est pas inscrit dans le Traité; - fiscalité. Il faut maintenir l'unanimité pour l'impôt sur les sociétés et sur le revenu (je ne le dis pas parce que je suis Irlandais, a affirmé M.Cox, en rappelant que le Taoiseach est contre la majorité qualifiée dans ce domaine), mais il faudra des progrès ailleurs, notamment dans l'imposition indirecte; - asile et immigration. C'est à la fois un domaine extrêmement sensible en termes de souveraineté et qui "réclame" une vision plus collective; - politique sociale. Oui à la majorité qualifiée si on entend par là "le document Diamantopoulou" (les bonnes pratiques, etc.), mais pas sur les aspects de cette politique qui sont déterminés par des traditions et des spécificités culturelles tellement différentes d'un Etat à l'autre.