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Bulletin Quotidien Europe N° 7848
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/japon

Tokyo estime en partie excessives ou fondées sur des malentendus les demandes européennes sur l'accès au marché japonais, et indique les difficultés d'accès au marché de l'UE

Bruxelles, 23/11/2000 (Agence Europe) - Les dernières suggestions de l'Union en vue d'améliorer l'accessibilité du marché japonais sont parfois "excessives" ou fondées sur des "malentendus", a-t-on indiqué de source diplomatique japonaise. Tokyo espère pour sa part des améliorations dans une vingtaine de domaines où les entreprises et citoyens japonais rencontrent des difficultés dans leurs activités en Europe. Les propositions, avancées lors de la dernière session du dialogue bi-annuel, soulèvent non moins de 120 questions, concernant notamment l'équité de traitement des entités non-européennes, la transparence, la simplification et l'harmonisation des règles et procédures, ainsi que la compatibilité avec les standards internationaux.

Les autorités japonaises ont donc réservé un accueil plutôt mitigé aux mesures de déréglementation suggérées par l'Union (voir EUROPE du 28 octobre, p.8). En effet, si certaines des priorités mises en avant par les Européens sont en phase avec les réformes conduites par Tokyo, d'autres paraissent "excessives" ou basées sur des malentendus. "Ils demandent trop sur les télécommunications", ont indiqué des sources diplomatiques japonaises. "Nous aussi nous sommes demandeurs", notamment de prévisibilité et de transparence des règles sur l'interconnexion, d'une réduction des frais de licences à payer pour opérer en Allemagne et en France et d'informations sur la mise en oeuvre des directives communautaires, ont-elles ajouté, en observant: "Les Européens nous demandent d'aller au-delà de ce qu'ils font chez eux". Tokyo s'explique aussi certaines attentes de Bruxelles par des malentendus. C'est en particulier le cas lorsque l'Union "demande que les fortes tendances à l'investissement européen au Japon soient maintenues". "Ce n'est pas un domaine où le gouvernement peut intervenir. Ce sont les forces du marché qui font tout", argue-t-on du côté japonais, en renvoyant aux "comportements individuels des compagnies". Et d'expliquer le niveau des investissements dans le sens Japon-UE par "la mentalité très différente" des businessmen nippons qui "font eux-mêmes leurs études de marché". Tokyo "n'accepte pas l'approche européenne", demandant une "allocation plus rationnelle des investissements à tous les niveaux de l'économie, des multinationales jusqu'aux PME". Il y a également malentendu, estime-t-on du côté japonais, "lorsque les Européens disent que les coûts sont trop élevés pour les opérateurs" étrangers qui veulent s'implanter au Japon ou y lancer de nouveaux produits et services. "Les coûts sont chers de toute façon au Japon", rappelle-t-on en renvoyant aux réalités de la société et de l'économie nippone. Concernant les craintes de l'Union quant à l'équité du jeu de la concurrence sur le marché nippon, Tokyo reste convaincu que l'autorité compétente, la Fair Trade Commission, "fait du bon travail"; "son indépendance sera maintenue", tout comme ses compétences anti-trusts, dans le cadre de la réorganisation des instances gouvernementales nippones. Et "pour le moyen et long terme, des discussions sont en cours", a-t-on précisé.

Quant à la déréglementation du marché européen, Tokyo "apprécie hautement" les efforts de l'Union pour mettre en place "un marché ouvert intégré", mais regrette les obstacles qui jalonnent encore ce processus. Et il cite le traitement inégal qui continue d'être réservé aux entités nippones et le manque de compatibilité de certaines réglementations avec les standards internationaux, en particulier sur les services juridiques, les permis de travail, les visas de séjour, les permis de conduire, etc. En outre, avec l'introduction de l'Euro et compte tenu du caractère transnational des entreprises nippones, "il faut plus de coordination au niveau communautaire" sur les systèmes nationaux de taxations et de sécurité sociale, indique-t-on du côté japonais, en estimant que "politiques sociales (emploi) et environnementales (notamment les règles de recyclage) semblent parfois créer des restrictions excessives ou faire obstacle à l'exercice d'activités commerciales positives par le secteur privé". L'UE devrait prendre davantage en considération le fait que les entrepreneurs japonais contribuent, souvent "considérablement", à l'amélioration de l'emploi au sein de l'UE, aussi bien dans le contenu des réglementations européennes (impact, viabilité et praticabilité économique) que dans le processus décisionnel (accès aux informations pertinentes, plus de consultations des opérateurs nippons aussi bien sur la préparation que sur la mise en oeuvre).

Outre ces priorités, figurent parmi les 120 questions problématiques pour les Japonais: la vente au détail, le droit et les pratiques commerciales (assouplissement du règlement sur les concentrations, adoption rapide du projet de Directive sur les statuts de la société européenne), les normes et procédures de certification (harmonisation des obligations de collecte et recyclage), services financiers (mise en place de procédures communautaires pour les activités financières et de normes pour le calcul de la réserve minimale de la Banque centrale européenne), automobile (simplification des procédures d'approbation, clarification des normes d'évaluation de la sécurité et des performances), commerce et douanes (usage parfois "inapproprié" des règles antidumping), sécurité alimentaire, etc.

Sur le dialogue euro-japonais lui-même, Tokyo a "aimé l'approche combinée avec les Etats membres" qui a été mise en oeuvre en mars dernier et "souhaite qu'elle se poursuive".

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