Ankara, 17/11/2000 (Agence Europe) - Le ministère turc des Affaires étrangères a durement réagi à certaines affirmations "malencontreuses" énoncées dans la résolution adoptée par le Parlement européen en clôture du débat sur le rapport Morillon sur les relations UE/Turquie (voir EUROPE du 16 novembre, pages 3 et 4), en reprochant au Parlement de "prononcer des jugements sur l'histoire et la culture" turques, et en anticipant que ces affirmations "seront exploitées par ceux qui essaient d'avoir une influence négative sur les relations euro-turques". En particulier, le communiqué du ministère cite:
- le paragraphe sur le "soi-disant génocide arménien" qui "fait tort" aux relations qui devraient se développer entre la Turquie et le Parlement européen, au moment où "le souvenir des souffrances engendrées par le terrorisme arménien est encore vivace dans l'opinion publique turque". "La nation turque n'a commis, à aucun moment de son histoire, de crime contre l'humanité tel qu'un génocide", et il n'y a eu "ni génocide des Arméniens, ni ordre de génocide", dit la déclaration.
- le passage sur la "question kurde", en affirmant qu'"il n'existe pas de question de cette nature en Turquie", où n'existent pas de minorités "autres que celles qui sont définies dans le Traité de Lausanne de 1923". Tous les citoyens turcs, "y compris lesdites minorités", bénéficient, selon la Constitution, de droits, libertés et responsabilités égales, déclare le ministère.
- le problème de Chypre, en rappelant que "nous sommes opposés à ce qu'un lien quelconque soit établi entre les relations euro-turques et la question chypriote" (voir dans EUROPE d'hier, p.4, la lettre du premier ministre Ecevit à ce sujet). Le ministère turc des Affaires étrangères rejette par ailleurs énergiquement la référence, dans la résolution du Parlement, à des "forces d'occupation" turques dont les députés réclament le retrait, et il affirme: "La Turquie, en tant que l'un des pays garants à Chypre, a réalisé dans ce cadre son Opération de Paix de 1974, en se fondant sur les droits et obligations internationales", et les unités turques actuellement déployées en "République turque de Chypre Nord" sont en mission dans l'île "pour éviter la répétition des massacres perpétrés par les Chypriotes grecs contre la partie turque dans les années 60".