Paris, 06/11/2000 (Agence Europe) - Dans un entretien publié dans Le Parisien Dimanche, la présidente du Parlement européen Nicole Fontaine, interrogée sur le naufrage du chimiquier italien Ievoli Sun, a estimé que "les derniers comptes-rendus du Conseil de Transports font parfois penser à des discussions de salon surréalistes". En effet, elle note que, "si l'on suit l'avis des commissaires" européens (et, ajoute-t-elle, je pense que ce serait une très bonne chose), il y aurait en Europe un suivi permanent de 5 500 bateaux considérés comme des navires à risque, alors que, après le passage du projet de la Commission devant le Conseil, le coefficient a été revu à la baisse et seulement 2 300 bateaux feraient l'objet de ce suivi (voir EUROPE du 2 novembre, p.14, au sujet de l'avertissement lancé à ce propos par la commissaire Loyola de Palacio).
Mme Fontaine, en notant que cette question sera à l'ordre du jour du Parlement européen pendant sa session des 29 et 30 novembre à Bruxelles, ajoute qu'elle aimerait que "l'on revoie le travail du Conseil et que l'on réclame une seconde lecture", de sorte que le Conseil modifie sa position, notamment sur la liste définitive des bateaux à risque. Rappelons que Mme Fontaine a proposé la semaine dernière d'anticiper la discussion en plénière, qui était prévue en principe le 11 décembre, des propositions de la Commission européenne sur trois autres aspects de la sécurité maritime: l'obligation des navires à double coque, le renforcement des contrôles dans les ports et les contrôles des sociétés de certification. La commission parlementaire compétente se prononcera sur ces propositions lors de sa réunion des 20/21 novembre.
Dans un communiqué, vendredi dernier, Mme Fontaine avait souligné que la société de certification qui a contrôlé Erika est la même qui a contrôlé le Ievoli Sun, en remarquant: "J'ose espérer qu'il s'agit d'une très fâcheuse coïncidence. Mais malheureusement tout démontre que, dans ce domaine, il n'est pas question de laisser hors contrôle des sociétés dont on peut se demander si elles sont négligentes".