Bruxelles, 31/10/2000 (Agence Europe) - Les entretiens de lundi et mardi à Bruxelles entre la Commission européenne et une délégation marocaine ont permis d'engager les véritables négociations sur un éventuel "partenariat" euro-marocain dans le secteur de la pêche. Ces négociations vont maintenant se proursuivre à un rythme hebdomadaire et la prochaine réunion aura lieu à Rabat le 8 novembre. « Les deux parties sont convenues de se réunir une fois par semaine alternativement à Rabat et à Bruxelles pour poursuivre les échanges de vues sur les différents volets qui pourraient faire partie de cette coopération », indique la Commission dans un communiqué qui constate que « la délégation marocaine a présenté sa positon sur les perspectives de coopération" et que "les deux parties ont abordé les grandes lignes d'une coopération mutuellement équilibrée ».
Selon le porte-parole de la Commission, le débat a tourné autour du « programme complet » soumis par les Marocains et dont les têtes de chapitre ont été révélées lundi par le ministre marocain à l'issue de sa rencontre avec le commissaire Franz Fischler. La Commission ne fait à ce stade « aucun commentaire » sur le contenu de ces propositions; elle veut les étudier avant de réagir à cette offre de « coopération globale ».
L'activité d'extraction (captures de poissons) pourrait ne pas être totalement exclue mais deviendrait marginale et n'est envisagée par le Maroc qu'au titre d'un geste final de "bonne volonté" en faveur de « certaines régions d'Etats membres ». D'après des sources non officielles, certains chiffres auraient déjà été évoqués. L'activité d'extraction au bénéfice de la flotte communautaire serait limitée à 2 ans et assortie de garanties de contrôles par satellite. Les bateaux communautaires, en nombre radicalement réduit (8 chalutiers au lieu de 80), ne disposeraient pour les céphalopodes que des quotas correspondant à 10% des quotas fixés par l'ancien accord. Une réduction des quotas attribués à la pêche artisanale (espèces benthiques surtout pêchées par la flotte andalouse) de l'ordre de 50% serait également envisagée. S'y ajouterait encore une réduction de 50% du nombre de crevettiers européens autorisés à pêcher dans les eaux marocaines. Le Maroc souhaite aussi porter le maillage des filets sur les céphalopodiers de 40 à 60 mm, mesure efficace pour la protection de la ressource mais qui entraînerait aussi une réduction d'environ 30% des captures. Les mêmes sources confirment aussi la demande du Maroc de débarquement de la totalité des captures dans les installations portuaires marocaines, et d'une autre demande visant à ce que 25% des équipages embarqués sur les bateaux communautaires soient Marocains. Rien n'indique pour l'heure que ces chiffres émanent bien de la délégation marocaine qui se défend d'avoir fait la moindre proposition sur l'aspect "droits de pêche".