Luxembourg, 23/10/2000 (Agence Europe) - Le Conseil Agriculture, qui s'est ouvert ce lundi à Luxembourg, a permis d'identifier les points sur lesquels un compromis devra être trouvé pour qu'une décision puisse être prise sur la réforme de l'Ocm des fruits et légumes dès la prochaine session, en novembre. Le président du Conseil, Jean Glavany, a constaté qu'une grande majorité des délégations accueillent favorablement la structure de la proposition de la Commission et soutiennent l'idée d'une décision rapide. S'agissant du plafond à appliquer pour les fonds opérationnels, une très large majorité de délégations estiment que 3% est un taux trop faible. La plupart ont évoqué un taux entre 3,5 et 4,5%. Les pays producteurs du Sud ont plaidé pour une aide accrue (avec une sensibilité particulière pour la tomate transformée du côté de l'Italie et de l'Espagne) et ont jugé insuffisants les niveaux de seuil de transformation pour la tomate, la pêche et les agrumes. La suppression des prix minimums pose aussi des problèmes à certains pays producteurs. Les pays du Sud ont rappelé que les dépenses pour le secteur des fruits et légumes ne sont pas en rapport avec le poids de ce secteur dans l'agriculture. Le ministre italien Alfonso Pecoraro Scanio a ainsi souligné que les fruits et légumes constituent 16% de la production agricole alors qu'ils ne disposent que de 4% de l'aide européenne à l'agriculture. Le commissaire Franz Fischler lui a répondu que l'aide ne doit pas obligatoirement traduire la part du secteur dans la production mais répondre à des besoins réels. Tout en acceptant une certaine flexibilité sur les niveaux de seuils et les montants, les pays du Nord ont insisté sur le respect du principe de neutralité budgétaire par rapport aux décisions prises lors du Conseil européen de Berlin sur l'Agenda 2000. M. Glavany a conclu en se fixant pour objectif de boucler ce dossier en novembre. Dans l'intervalle, il examinera avec M. Fischler la manière de "concilier les demandes légitimes des pays producteurs et les contraintes budgétaires qui s'imposent".
Le Conseil a aussi adopté des conclusions sur la protection des dénominations d'origine pour le vin, dans le cadre des relations avec les pays tiers (voir EUROPE du 21 octobre, p.13). La réunion se poursuivait dans la soirée et se poursuivra mardi.