login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7827
Sommaire Publication complète Par article 10 / 40
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/chine/omc

M. Lamy a pratiquement conclu à Pékin le volet européen des négociations sur l'accession chinoise à l'OMC - Impact et signification de cette accession

Pékin/Bruxelles, 23/10/2000 (Agence Europe) - Lors du troisième sommet sino-européen, les dirigeants chinois et européens ont confirmé, ce lundi, leur volonté de voir la Chine accéder à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) "au plus tôt" et, si possible, avant la fin de cette année. Le Commissaire européen Pascal Lamy s'est félicité d'avoir pu clarifier avec le Premier ministre Zhu Rongji et le ministre du commerce Shi Guangsheng, les difficultés sur lesquelles achoppaient les négociations multilatérales à Genève à ce sujet. Et, tout en rappelant que "le diable est dans le détail" et que Pékin promettait de tenir "scrupuleusement" ses engagements, il a dit envisager l'avenir avec "un grand optimisme" et dédit les "sceptiques qui ont été prompts à suggérer que l'accession de la Chine ralentirait les progrès vers une libéralisation du commerce mondial et accentuerait les contraintes qui pèsent sur le système de règlement des différends".

Du côté chinois, on a promis "d'honorer scrupuleusement les engagements" qui seront souscrits à l'issue des négociations genevoises. L'accession signifierait "une plus grande ouverture du marché intérieur, une ouverture par étapes des secteurs des services tels que la banque, l'assurance, les télécommunications, le commerce extérieur et le tourisme, ainsi que l'octroi progressif du traitement national aux investisseurs étrangers", a souligné le Premier ministre chinois, Zhu Rongji. Il s'est en outre engagé à "améliorer l'environnement des investissements et des affaires en faveur des entrepreneurs étrangers et à protéger selon la loi, leurs droits et intérêts légitimes."

Le responsable de la politique commerciale de l'Union Pascal Lamy a précisé pour sa part qu'il avait pu clarifier avec les dirigeants chinois le désaccord sur les deux questions clé de l'assurance et de la distribution". Selon des sources informées, les divergences portaient respectivement sur le délai de délivrance des licences et sur l'accès au système chinois. Idem, a-t-il dit en substance à l'Agence Reuters, concernant les autres difficultés rencontrées à Genève. M.Lamy s'est toutefois refusé à donner plus de détails. Dans le même contexte, il a fait part du souhait exprimé par ses interlocuteurs de réaliser l'accession "avant la fin de l'année" et de son propre engagement à "travailler dur en ce sens". Il était auparavant revenu, devant la table ronde des milieux d'affaires sino-européens, sur les "défis énormes" qui restent à surmonter, en notant que la Chine est certes "sur le seuil de l'OMC mais pas encore dedans". Compléter le protocole d'accession, dépend d'une confirmation des engagements bilatéraux de la Chine et d'une clarification de la manière de mettre en oeuvre ses obligations vis-à-vis de l'OMC. Mais, selon lui, "la chose la plus importante à ce stade est de s'assurer que les deux parties sont pleinement conscientes, y compris au niveau politique, de notre souci de voir l'accord bilatéral se concrétiser. "La mise en oeuvre est une priorité suprême de la Commission", a-t-il ajouté, en rappelant que cela couvre l'assistance technique promise pour soutenir les changements que la Chine devra entreprendre pour poursuivre sa transition économique, ainsi que le suivi devant permettre à ce pays de respecter ses nouvelles obligations sur la scène commerciale internationale. La Chine peut en attendre "un impact substantiel sur ses réformes économiques et sur son développement", ainsi que des "opportunités commerciales sans précédent", a-t-il estimé, sans occulter pour autant les défis qui ne manqueront pas de se présenter, en termes de cohésion sociale et de développement soutenable. C'est pourquoi, a-t-il dit, "le rythme du changement ne doit pas être exagéré". Et, se référant aux limites que les autorités chinoises disaient ne pas pouvoir dépasser dans le cadre des négociations bilatérales, M.Lamy s'est dit confiant de voir la situation évoluer et la Chine "s'ouvrir davantage le moment venu". Il a rappelé que les changements systémiques que l'accession de ce pays ne manqueront pas d'entraîner encourageront aussi les investissements européens dans cette partie du monde. L'environnement commercial deviendra "plus attrayant et prévisible", en particulier du fait de la déréglementation progressive des services bancaires, de la libéralisation du secteur de la distribution et du relâchement du contrôle étatique sur les livraisons de produits de base, comme le pétrole et les fertilisants. Pour les Européens, "les coûts des exportations vers la Chine seront moindres dans la mesure où les restrictions tarifaires et non tarifaires vont être radicalement réduites", a-t-il ajouté.

Perspectives positives pour l'OMC elle-même

Et quid de l'impact de ce nouveau-venu sur l'OMC elle-même ? A ceux qui prédisent de sombres perspectives pour le processus de libéralisation, le commissaire a répliqué que: i) l'entrée de la Chine représente un énorme pas de plus vers une véritable Organisation mondiale du commerce, vu l'envergure et le potentiel de ce pays; ii) la Chine peut et devrait devenir un acteur clé de ce système car elle a "un intérêt fondamental aussi bien dans la promotion que dans une réglementation appropriée du commerce au niveau mondial", comme le montre le lien fait par Pékin entre l'accession et la poursuite des réformes; iii) l'accession établit un "haut niveau d'engagements à l'égard des importations, investisseurs et hommes d'affaires étrangers". "Un nouveau cycle de négociations multilatérales offrira à la Chine la chance de faire pression sur d'autres pour qu'ils prennent des engagements d'aussi longue haleine", n'a-t-il pas manqué de rappeler.

C'est également avec optimisme que Jacques Chirac a parlé des perspectives d'accession, en sa qualité de Président du Conseil européen. "Chinois et Européens, nous avons tout intérêt à ce que l'accord signé soit pleinement respecté, notamment en ce qui concerne les dates agréées et les calendriers fixés", a-t-il souligné.

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
TEXTES DE LA SEMAINE
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENTS HEBDOMADAIRES